La Terre n'est pas une sphère parfaite : la NASA a révélé le 15 juillet 2026 un nouveau modèle 3D de la planète. Cette nouvelle représentation de la Terre est bien loin de l'image d'une sphère lisse et brillante (la Bille bleue) que l'on voit d'habitude sur les photographies prises depuis l'espace.
Le géoïde est une surface terrestre hypothétique qui représente le niveau moyen de la mer en l'absence de vents, de courants et de marées. Son altitude varie en réalité de +85 m (Islande) à −106 m (sud de l'Inde). À mesure que la carte du géoïde gagne en précision, l'exactitude de l'altimétrie satellitaire, de l'interférométrie radar à synthèse d'ouverture et des modèles numériques de terrain s'améliore. Le géoïde est donc une surface de référence utile. La mission GRACE (Gravity Recovery and Climate Experiment), lancée par la NASA le 17 mars 2002, avait déjà révélé des informations sur le champ gravitationnel d'une précision inédite. Les données fournies par GRACE ont considérablement amélioré notre compréhension concernant la gravité terrestre et plusieurs aspects importants du changement climatique.
L'altitude du géoïde provient désormais du modèle de champ gravitationnel GOCO06s, un modèle global de champ gravitationnel basé sur des données satellitaires, calculé par le projet GOCO (Gravity Observation Combination). Ce modèle repose sur plus d'un milliard d'observations acquises sur une période de 15 ans par 19 satellites, dont GRACE (Gravity Recovery and Climate Experiment) de la NASA et GOCE (Gravity field and steady-state Ocean Circulation Explorer) de l'ESA.
La gravité est plus forte là où la masse est plus importante. La planète présente ainsi des irrégularités là où se trouvent par exemple de hautes montagnes ou de grandes étendues d’eau. Les scientifiques ont découvert depuis la fin du 17e siècle que le globe est en réalité ce que l'on appelle un ellipsoïde, étant légèrement aplati aux pôles et bombé au niveau de l'équateur. Mais les scientifiques considèrent que cette forme ellipsoïde ne reflète plus exactement la forme physique de la Terre, dont la surface est très irrégulière. Avec l'avancée des connaissances depuis la fin du XIXe siècle, c'est désormais le géoïde qui fait figure de "représentation la plus fidèle de la forme physique de la Terre", comme l'indique un article de l'Institut national de l'information géographique et forestière publié en avril 2026.
Pour bien faire ressortir les zones affectées par la gravité, la NASA a proposé un modèle 3D du géoïde dont la hauteur a été exagérée d'un facteur 10 000. Il n'en fallait pas plus pour alimenter un déluge de fake news sur le fait que la Terre serait difforme. Les terraplanistes vont s'effondrer complètement face à cette réalité ou vont-ils dire que la gravité est aussi un complot inventé ?
« La Terre, une sphère difforme selon la Nasa ? Une confusion autour d'une représentation du globe » (France 24)
En complément
Des satellites ont cartographié les endroits où l’humanité fait disparaître l’eau douce. Et pour y parvenir, ils n’ont pas observé directement les lacs ou les rivières. Ils ont mesuré la gravité terrestre. L’explication est assez simple : l’eau possède une masse. Et lorsqu’une région perd beaucoup d’eau, son attraction gravitationnelle diminue très légèrement (et inversement bien sûr). Depuis 2002, les satellites GRACE et GRACE-FO permettent ainsi de suivre l’évolution de toute l’eau présente sur les continents : dans les lacs, les sols, les glaciers, mais aussi dans les nappes phréatiques. Une nouvelle étude a utilisé ces données pour créer une carte mondiale beaucoup plus précise des évolutions observées entre 2002 et 2025. Les chercheurs ont identifié 94 régions dans lesquelles les réserves ont fortement évolué. Pour 40 d’entre elles, la principale cause serait directement liée aux activités humaines. Dans le nord de l’Inde, le sud de l’Iran ou les grandes plaines agricoles américaines, d’immenses quantités d’eau souterraine sont notamment pompées pour irriguer les cultures. Grâce à cette carte plus précise, les chercheurs estiment que la diminution des réserves dans ces zones est en moyenne 45% plus importante que ce que montraient les anciennes estimations. Le plus inquiétant, c’est que les satellites peuvent mesurer la vitesse à laquelle l’eau disparaît, mais pas la quantité totale qu’il reste sous terre. On sait donc que certaines nappes se vident, sans toujours savoir quand elles deviendront trop profondes ou trop coûteuses à exploiter. À notre échelle, cette disparition est presque invisible. Mais depuis l’espace, elle modifie suffisamment la masse de la Terre pour être mesurée.
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