The Power Atlas. Un atlas pour aborder les éléments clés de la puissance aujourd'hui


Le Conseil européen pour les relations internationales (ECFR) a publié en décembre 2021 un atlas très complet The Power Atlas. Seven battlegrounds of a networked world. L'objectif est d'aborder les éléments clés de la puissance aujourd'hui dans des domaines qui ne sont pas toujours tous pris en compte  (économie, population et défense, mais aussi technologie, climat et santé).



« La puissance se définit désormais comme la capacité à contrôler des flux de personnes, de biens, d'argent et de données, et par les connexions que ces flux permettent. Seuls les États qui voient clairement la nouvelle carte du pouvoir géopolitique pourront contrôler le monde moderne. » 

  • Économie
    De nombreux États utilisent désormais des outils économiques pour renforcer leur pouvoir géopolitique. Si l'UE veut devenir un acteur plus compétent dans cette nouvelle ère, elle devra trouver un juste équilibre dans sa réponse à la menace de coercition économique.

  • Les grandes puissances ont compris que l'accès aux nouvelles technologies est essentiel à leur souveraineté. Alors que les États-Unis et la Chine adoptent pleinement la diplomatie géo-technologique, l'UE commence seulement à apprendre à parler le langage de la puissance technologique.

  • Les pays du monde entier devront s'engager dans une transformation globale de leurs économies et de leurs infrastructures s'ils veulent atteindre leurs objectifs environnementaux. Le climat devient indissociable des formes plus conventionnelles de pouvoir politique et matériel.

  • Les États disposent d'un énorme potentiel pour renforcer le pouvoir et la résilience des populations en coopérant sur les politiques de migration et de mobilité et en veillant à ce que les migrants puissent bénéficier de conditions optimales d'intégration. Si elles sont correctement mises en œuvre, ces stratégies peuvent bénéficier à tous les acteurs, y compris les migrants et les réfugiés eux-mêmes. De nombreux documents, cartes et graphiques sont disponibles en téléchargement. 

  • Les affrontements militaires ont réintégré l'imaginaire collectif des Européens de l'Ouest. La capacité militaire se compose non seulement par du "hard power", mais également d'éléments plus souples tels que les alliances, la capacité d'agir -  profondément affectée par les développements technologiques.

  • La pandémie a transformé la santé publique en une arène de compétition sur le plan géopolitique. Certains pays vont désormais adopter une vision plus stratégique de leur capacité à produire ou à acquérir des biens médicaux – et s'en serviront comme d'un outil de politique étrangère.

  • Les normes culturelles ont une énorme influence sur la capacité des États à utiliser leurs ressources énergétiques. Dans un monde multipolaire sur le plan des idées, tout projet universaliste est susceptible de provoquer un contrecoup plus puissant que la force qui l'a provoqué.

Atlas à télécharger en version PDF (en anglais).

Lien ajouté le 24 mai 2026

« La Grande Fragmentation. L'essor des puissances moyennes dans un ordre international fracturé » (Institut pour l'économie et la paix, rapport de janvier 2026).

Les risques géopolitiques dépassent aujourd’hui les niveaux de la Guerre froide, sous l’effet de l’augmentation des dépenses militaires, de l’affaiblissement du rôle des institutions multilatérales, du triplement des restrictions commerciales et de la concurrence accrue entre grandes et moyennes puissances.  L’influence des superpuissances stagne. L’influence géopolitique des États-Unis et de la Chine s’est stabilisée depuis 2015, aucun des deux pays n’ayant réussi à étendre sensiblement sa sphère d’influence, tandis que celle de nombreuses puissances moyennes est en hausse. L’influence croissante des puissances moyennes façonnera en grande partie la situation sécuritaire mondiale au cours des vingt prochaines années. La domination du dollar s’érode : sa part dans les réserves mondiales de change est passée de 72 % au début du siècle à moins de 60 % aujourd’hui, les membres des BRICS multipliant les accords pour commercer en monnaies locales. Les investissements directs étrangers (IDE) chinois se sont effondrés : les entrées nettes d’IDE en Chine sont passées de 344 milliards de dollars en 2021 à 42,7 milliards de dollars en 2023, avant de devenir négatives au premier semestre 2024, les entreprises étrangères ayant rapatrié davantage de bénéfices qu’elles n’en ont investi. Leur part dans le PIB mondial a ainsi chuté de 18,5 % en 2021 à 16,5 % en 2024. La part des grandes puissances européennes et du Japon dans le PIB mondial est désormais considérablement plus faible qu’en 1995. La part de l’Allemagne a presque été divisée par deux, passant de 8,5 % à 4,3 %, et celle du Japon a chuté de 17,9 % à 4,0 %. Les puissances moyennes disposent aujourd’hui d’une capacité matérielle combinée supérieure – mesurée par la population, la production industrielle, la consommation d’énergie et les ressources militaires – à celle des grandes puissances, ce qui témoigne d’un bouleversement fondamental de la répartition mondiale du pouvoir depuis la fin de la Guerre froide. L'Inde est la seule grande puissance économique à afficher une forte croissance économique prévue. Elle a dépassé la Chine en tant que pays le plus peuplé du monde et devrait devenir la troisième économie mondiale d'ici 2030.

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