Climate Change Explorer, un outil cartographique pour visualiser les projections climatiques


L'application en ligne Climate Change Explorer offre la possibilité de visualiser les projections climatiques dans sa ville pour les décennies à venir. Les analogies sont calculées en comparant les climats prédits à un endroit avec les climats connus pendant la période 1970-2000.

Explorateur du changement climatique (source : Climate Change Explorer)


Pourquoi cette application web ?

« Imaginer ce que nous ressentirons sur notre lieu de vie dans le futur est difficile, même pour une climatologue ! Comment mes 2°C de plus en moyenne annuelle vont-ils se manifester ? Les analogies me permettent de développer cet imaginaire, d'aller voir et ressentir aujourd'hui, ailleurs, le climat que j'aurai chez moi demain » (Nathalie De Noblet-Ducoudré, climatologue)

« Limiter le changement climatique et s'y adapter est sans doute le grand défi de ma génération au niveau mondial. Il est important de se rendre compte du champ des possibles, tant pour se motiver à limiter ce changement que pour se préparer à la part qui est déjà inévitable  »  (Corentin Barbu, leader du projet)

Climats historiques de référence

L'application utilise les données climatiques fournies par WorldClim version 2.1 pour la période des années 1970-2000. Les valeurs rapportées sont des moyennes sur des périodes de 20 ans (2021-2040, 2041-2060, 2061-2080, 2081-2100) et pour différents scénarios d'émissions de gaz à effet de serre tels que définis par le CMIP6. Il est possible de choisir entre 4 scénarios (très limité -  limité - tendanciel et maximum si rien n'est fait). Une fois ces options choisies, la carte affiche par une flèche noire la ville actuelle qui a des caractéristiques climatiques équivalentes à celles qu'aura dans un futur plus ou moins proche le lieu qu'on a choisi. Des graphiques d'évolution permettent de faire des comparaisons assez précises entre ces villes jusqu'en 2100.

La possibilité de disposer d'une aide

Une aide graphique est fournie pour la prise en main du logiciel. La rubrique méthodes donne accès aux méthodes de calcul et aux données utilisées.

Aide graphique pour prendre en main l'application en ligne  (source : Climate Change Explorer)

Lien ajouté le 18 avril 2024

Lien ajouté le 9 octobre 2024

Lien ajouté le 9 octobre 2024

Bevacqua, E., Fischer, E., Sillmann, J. et al. (2026). Moderate global warming does not rule out extreme global climate outcomes  [Un réchauffement climatique modéré n’exclut pas des scénarios climatiques extrêmes]. Nature, 651 , 946–953, https://doi.org/10.1038/s41586-026-10237-9

Des chercheurs issus d’universités européennes, mobilisant les modèles climatiques CMIP6, analysent les risques globaux du réchauffement. Leur résultat central est clair. Même à +2°C, des impacts extrêmes peuvent survenir à l’échelle mondiale. L’étude critique l’approche classique qui se concentre sur des moyennes globales à +3°C ou +4°C. Ces moyennes masquent des situations extrêmes localisées mais cohérentes à grande échelle, qui peuvent affecter des secteurs entiers malgré un réchauffement modéré. Les précipitations extrêmes illustrent bien ce décalage. À +2°C, les pluies intenses sur zones peuplées varient fortement selon les modèles, de +4% à +15%. Dans certains cas, ces extrêmes dépassent les moyennes attendues à +3°C. Les systèmes agricoles mondiaux apparaissent très vulnérables. Dans les grandes régions céréalières, la fréquence des sécheresses pourrait augmenter de plus de 50%, voire rester stable selon les modèles. Cette incertitude rend la sécurité alimentaire difficile à anticiper. Les forêts mondiales sont également exposées. L’indice de risque d’incendie peut varier fortement. À +2°C, certaines simulations projettent une intensification du risque quatre fois supérieure à d’autres, avec des impacts sur les puits de carbone. Un résultat important révélé par l'étude est que l’incertitude entre modèles reste très élevée. Elle peut être aussi importante, voire supérieure, à la différence entre un monde à +2°C et un monde à +4°C, ce qui remet en cause une vision linéaire du réchauffement. Ces résultats montrent que les risques climatiques doivent être pensés par secteurs et par espaces critiques. Les moyennes globales ne suffisent pas. Les décisions publiques doivent intégrer des scénarios extrêmes plausibles pour anticiper les crises. Même un monde limité à +2°C n’écarte pas des impacts sévères sur les sociétés et les écosystèmes. La réduction rapide des émissions reste essentielle, car les marges de sécurité sont bien plus faibles qu’on ne le pensait. 

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