40 ans de piraterie maritime dans le monde (1978-2018) à travers une carte interactive


La piraterie maritime moderne prend indifféremment pour cibles des navires de commerce et de pêche ou des bateaux de plaisance, dont des voiliers, particulièrement lents et vulnérables, sans attention particulière pour le pavillon (la nationalité) du navire attaqué. Ces actions sont la plupart du temps violentes, les pirates n’hésitent pas à se servir de fusils d’assaut ou de lance-roquettes, et se produisent aussi bien dans les ports et points de mouillage qu’en pleine mer. Le but des pirates est de prendre le contrôle du navire attaqué pour ensuite s’approprier tout ou partie des cargaisons et surtout négocier une rançon pour le navire et son équipage.

Depuis 1978, plus de 8 000 incidents liés à la piraterie maritime ont été enregistrés par la National Geospatial-Intelligence Agency (NGA). Cette base de données a été constituée à partir des messages envoyés par les navires menacés (Anti-Shipping Activity Messages) : http://msi.nga.mil/NGAPortal/MSI.portal?_nfpb=true&_pageLabel=msi_portal_page_65


Ces données ont été cartographiées selon une méthode qui regroupe les zones concernées sur une trame hexagonale (carte "en nids d'abeille") : http://adventuresinmapping.com/2019/01/29/40-years-of-nautical-piracy/

Les hexagones sont les polygones dont la forme est la plus circulaire pour pouvoir être tessellisés et constituer une grille régulière. Ils se prêtent également à suivre la courbure de la Terre et les déformations qui sont liées. Cette méthode d'agrégation permet de faire ressortir les zones importantes de piraterie maritime selon une trame homogène sur l'ensemble de la planète.



Cette piraterie concerne principalement l'Afrique (au large de la Somalie et dans le golfe de Guinée) ainsi que l'Asie du sud-est (Indonésie et Thaïlande). Mais elle n'épargne pas non plus le Moyen-Orient (Arabie - Yémen) ainsi que l'Amérique du Sud (Caraïbes). Elle correspond pour l'essentiel aux grandes routes du commerce mondial et surtout aux canaux et détroits qui constituent des lieux de passage stratégiques.

En zoomant davantage, chaque incident devient visible à l'écran et il suffit de cliquer sur un point pour faire apparaître la date, les circonstances et la nature de l'incident (ici par exemple un pétrolier attaqué par un skiff de 4 pirates en 2010 aux larges du Yémen proche du détroit de Bab-el-Mandel).


Les données peuvent être filtrées par année ou par jour de la semaine, par type d'agresseurs, par type de navires attaqués.

Une vidéo permet d'en savoir plus sur le mode de construction de la carte à partir des données :
https://adventuresinmapping.com/2019/01/29/40-years-of-nautical-piracy/

Malgré une baisse relative, la piraterie maritime continue d'être un sujet de  préoccupation majeur comme l'attestent les conseils donnés sur le site France diplomatie :
http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs/infos-pratiques/risques/piraterie-maritime/


Pour compléter

Carte interactive de la piraterie dans le monde mise à jour régulièrement par le Bureau maritime international :
http://www.icc-ccs.org/piracy-reporting-centre/live-piracy-map


La carte des risques maritimes éditée chaque année par le site Control Risk :
http://www.controlrisks.com/riskmap/maps

Enseigner la mer. Piraterie et pirates hier et aujourd'hui. Dossier CANOPE, 2016
http://cdn.reseau-canope.fr/archivage/valid/N-9135-14356.pdf

La piraterie maritime moderne (vidéo France -TV éducation, 4mn11)
http://education.francetv.fr/matiere/epoque-contemporaine/terminale/video/la-piraterie-maritime-moderne

Lutte contre la piraterie maritime : une loi utile, une mission sans fin. Rapport pour le Sénat, 2012
http://www.senat.fr/rap/r11-499/r11-499_mono.html

La piraterie en 2008 : Aden et Malacca. Cartographie de l'ISEMAR
http://www.isemar.fr/wp-content/uploads/2016/11/carte-isemar-47.pdf

Piraterie maritime : la maîtrise du risque ? ISEMAR, Note de Synthèse n°199 - Avril 2018. Aucune des grandes zones affectées par la piraterie maritime au cours de la dernière décennie (océan Indien, golfe d’Aden, golfe de Guinée, Mer des Caraïbes, Asie du Sud-est) n’a vu la piraterie disparaître totalement.
http://www.isemar.fr/wp-content/uploads/2018/04/note-de-synthese-199-piraterie-maritime.pdf


Lien ajouté le 28 novembre 2021

Liens ajoutés le 19 avril 2023

Lien ajouté le 12 janvier 2026

Le piratage a explosé en 2025 aux alentours de Singapour, mais ReCAAP y voit des signes positifs (Maritime executive).

Le ReCAAP enregistre une forte hausse de la piraterie en Asie du Sud-Est en 2025. Autour de Singapour, les détroits très fréquentés concentrent l’essentiel des incidents, révélant la vulnérabilité des grands axes maritimes mondialisés. Selon ReCAAP, les détroits de Singapour et de Malacca enregistrent 108 incidents en 2025, soit +74% sur un an. C’est le niveau le plus élevé depuis 2007. Cette concentration spatiale s’explique par l’intensité du trafic et la proximité des zones littorales densément peuplées. L’analyse qualitative révèle une piraterie majoritairement opportuniste. Plus de la moitié des faits sont des vols mineurs. Pièces de moteur, ferraille, vivres. Dans 50% des cas, rien n’est volé. Les agresseurs sont souvent non armés et évitent tout affrontement avec les équipages. Les scientifiques de ReCAAP soulignent que 87% des incidents ont eu lieu entre janvier et juillet 2025. Après l’arrestation de pirates par la police indonésienne des îles Riau, les attaques diminuent nettement montrant l’effet dissuasif d’un contrôle étatique renforcé sur les routes maritimes. Le ReCAAP précise que la baisse observée fin 2025 autour de Singapour ne marque pas la fin de la piraterie. Elle reflète surtout l’effet ponctuel des arrestations. La sécurité repose sur une surveillance continue des détroits. 

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