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Géographie du monde d'après : assiste-t-on à un "exode urbain" ?


Cette map story présente certains résultats d'études réalisées par le service "études et prospective" du Pôle DATAR de la Région Nouvelle-Aquitaine.

Beaucoup de personnes s'interrogent : depuis la crise Covid, assiste-t-on à un déménagement massif des métropoles vers des villes moyennes et/ou des territoires ruraux ? Le problème est qu'on ne dispose pas, et on ne disposera pas rapidement, de données sur les mobilités résidentielles. Pour contourner ce problème, Olivier Bouba-Olga a exploité les données sur les inscriptions scolaires dans le premier et le second degré : si beaucoup de personnes quittent les métropoles, alors on doit observer un recul relatif des inscriptions dans ces territoires, et une hausse relative dans les autres territoires.

Intercommunalités dont les effectifs ont augmenté entre la rentrée 2020 et la rentrée 2021 

La version dynamique de la carte est à découvrir par ici


Un document de travail téléchargeable ici présente de manière plus détaillée les premiers résultats. 

 
Cette étude a l'intérêt de venir nuancer le récit actuel sur "l'exode urbain", même si le fait de partir des données scolaires peut comporter des limites (cf changements de résidence observés de manière indirecte).


Olivier Bouba-Olga est professeur des universités, chef de service études et prospective à la Région Nouvelle-Aquitaine. Il est membre du laboratoire Ruralités (EA 2252) et est l'animateur d'un blog.  Il est l'auteur d'un article sur Géoconfluences qui aborde de manière critique le nouveau découpage de l'INSEE (2020) concernant les aires d'attraction des villes : Qu’est-ce que le « rural » ? Analyse des zonages de l'Insee en vigueur depuis 2020.

A partir des mêmes données, Gaëtan Laborit a élaboré une autre étude qui semble aller dans le même sens. Cette approche complémentaire a pour objectif de neutraliser deux effets : un effet démographique lié à une baisse globale du nombre d’enfants en âge d’être scolarisés dans le premier degré, et un effet géographique lié à la mobilité résidentielle locale des parents de jeunes enfants, qui quittent la ville-centre pour rejoindre en périphérie un logement mieux adapté à l’évolution de la configuration familiale.

Comme le suggère François DF (@DdeuxF), "ce qui est intéressant, c’est que certaines dynamiques territoriales connues (héliotropisme, littoralisation, frontières - Luxembourg, Suisse, Belgique - relégation aux franges du Grand Paris) se confirment maintenant pour de jeunes ménages (moins de départs ? arrivées plus jeunes ?).

Lien ajouté le 6 décembre 2023

Nadine Cattan, Olivier Telle et Céline Vacchiani-Marcuzzo (2023). Débats. Le mythe de l’exode urbain parisien : quelles mobilités en temps de crise sanitaire ? Métropolitiques 

Les départs précipités de citadin∙es à l’orée du premier confinement ont nourri l’idée d’un exode urbain. Par des données inédites sur les utilisateurs de Facebook en France, N. Cattan, O. Telle et C. Vacchiani-Marcuzzo en livrent une tout autre lecture, à une très fine échelle territoriale. Cette recherche confirme qu’un tel exode n’a pas eu lieu à l’occasion du premier – et plus spectaculaire – confinement. Elle montre que la diminution de la population dans les centres urbains est due certes à des départs depuis ces centres, mais aussi à la réduction, voire à l’arrêt des mobilités des espaces périphériques vers les centres urbains. Par ailleurs, la comparaison des mobilités sortantes observées lors du premier confinement avec une période plus classique de fortes mobilités permet plus encore de nuancer un potentiel exode lié au confinement. D’une manière générale, les dynamiques des mobilités observées en France avant, au début et durant la pandémie ne laissent pas augurer un changement radical des sociétés urbaines (Couclelis 2020). À plus long terme, s’il est prématuré de tirer des conclusions sur le devenir des villes, dans un contexte de crises plurielles (climat, énergie…), la pérennité des nouveaux régimes de mobilités doit être interrogée et de nouvelles recherches utilisant le type de données mobilisées dans cette étude permettraient de contribuer à déceler de potentielles bifurcations.

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