Visualisation des trajets domicile-école maternelle. L'exemple des kindergarten en Slovaquie


Šveda, M., Križan, F. et Výbošťok, J. (2026). « Visualising excess commuting to kindergartens »  [Visualisation des déplacements excessifs vers les écoles maternelles]. Journal of Maps, 22 (1). https://doi.org/10.1080/17445647.2026.2638044 (article en accès libre).

La répartition spatiale des services, notamment des crèches en tant qu'établissements essentiels, est très inégale et engendre des variations spatiales dans les déplacements. L'offre de garde d'enfants diffère considérablement selon les contextes géographiques, et la configuration spatiale de l'offre influence les schémas de mobilité observés chez les utilisateurs. Ces dernières années, une attention croissante a été portée à la compréhension de la manière dont l'agencement spatial des activités et des infrastructures se traduit en distances et flux de déplacement réels, plutôt qu'aux seules mesures d'accessibilité potentielle. Un cadre analytique qui aborde explicitement cette relation est le concept de déplacements domicile-travail en excès, initialement introduit comme déplacements domicile-travail inutiles et défini comme la différence entre les déplacements domicile-travail observés et une configuration de déplacements domicile-travail théoriquement minimale dans des conditions d'adéquation spatiale optimale. Des niveaux plus faibles de déplacements domicile-travail excessifs indiquent une plus grande efficacité spatiale, tandis que des valeurs plus élevées signalent un décalage entre la localisation de l'offre et de la demande ou les choix comportementaux des usagers. Le terme de déplacements domicile-travail en excès (excess commuting) est désormais largement utilisé dans la littérature.

Déplacements excessifs vers les écoles maternelles en Slovaquie (source : Šveda et al., 2026)

Cette étude analyse et visualise les déplacements excédentaires des enfants d'âge préscolaire vers les crèches en Slovaquie à l'aide d'un cadre d'optimisation spatiale. Dans le contexte des récentes réformes législatives visant à accroître la participation à l'enseignement préscolaire, la recherche évalue l'écart entre les schémas de déplacement observés et les allocations théoriques de distance minimale. Ces déplacements excédentaires sont estimés en comparant les flux intercommunaux observés à des configurations optimales sous contrainte de capacité. Les résultats révèlent des variations régionales de l'efficacité des déplacements. Bien que la plupart des enfants fréquentent les crèches de leur commune, les déplacements intercommunaux demeurent importants et dépassent souvent les distances minimales attendues, notamment dans les zones périurbaines et les zones ethnolinguistiquement différenciées. Ces schémas reflètent la structure de l'habitat, les contraintes institutionnelles et le choix des parents quant à l'adéquation entre le domicile et l'établissement. Une typologie des pôles de déplacement et des schémas de déplacements excédentaires est élaborée et visualisée cartographiquement, permettant une identification multi-échelle des mécanismes sous-jacents à cette inefficacité. L'étude contribue à la géographie de l'éducation et à la recherche sur l'interaction spatiale en étendant l'analyse des déplacements excédentaires aux systèmes non liés au travail et en démontrant l'intérêt de l'optimisation et de l'intégration.

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