Les frontières maritimes des pays : vers un pavage politique des océans ?


Source : Territorial Map of the World - Rafi Segal & Yonatan Cohen (2013)



Pour télécharger la carte en haute résolution :
http://i.redd.it/d7zceju6uvz31.jpg

Cette carte politique du monde montre l'étendue des territoires, à la fois terrestres et maritimes, qui sont entièrement sous le contrôle des nations. Les frontières des pays englobent les zones économiques exclusives (ZEE), dont les ressources appartiennent aux pays limitrophes (à 200 milles marins, soit environ 370 km des côtes).

"Historiquement les côtes ont toujours été cartographiées comme des entités linéaires séparant les terres des océans. Cependant, le XXe siècle a profondément transformé notre façon de voir et de mesurer le monde. Aujourd'hui, nous envisageons de plus en plus le monde comme un espace continu dans lequel la circulation des personnes et de l'information dépasse les barrières géographiques et politiques des Etats". 

Les auteurs, Rafi Segal & Yonatan Cohen, ont conçu cette carte en 2013 de manière à faire prendre conscience de la nécessité d'avoir une approche globale de notre monde, au delà de ses divisions terrestres ou maritimes. Une manière d'aborder la question de nos responsabilités environnementales et de préserver la planète comme un bien commun.

Les délimitations maritimes utilisées pour cette carte sont celles fournies par le Flanders Marine Institute. Il convient de souligner que cette carte n'entérine aucune revendication territoriale, quelle qu'elle soit. Les couleurs choisies pour contraster et donner l'impression d'un pavage du monde, couvrant les espaces terrestres et océaniques, n'ont pas de valeur symbolique en soi (elles ne renvoient pas à l'appartenance à tel ou tel pays).

Rafi Segal & Yonatan Cohen ont conçu une autre carte dans le même style en ce qui concerne l'Union européenne. Elle représente en couleur les pays ayant des frontières terrestres (en vert) ou maritimes (en bleu) avec des États de l'Union européenne et leurs ZEE (en rouge). En hachures apparaissent les zones co-administrées (gris clair) ou objets de contestations (gris foncé).
 



Liens ajoutés le 3 juin 2020


Lien ajouté le 7 mars 2021

Lien ajouté le 13 octobre 2021

Lien ajouté le 13 avril 2022

Lien ajouté le 10 octobre 2022

Lien ajouté le 14 octobre 2022

Lien ajouté le 31 mai 2025


Tarik Dahou et Camille Mazé (2021). La mer, un objet hautement politique. La privatisation des territoires et ressources maritimes en acte, VertigO – La revue électronique en science de l'environnement, hors-série 33, mars 2021, https://journals.openedition.org/vertigo/29581

Comment l'océan est-il construit socialement ? Cela a été appréhender à travers les méthodes des sciences sociales par la géographie, le droit, l'économie et l'histoire, mais peu par la sociologie, l'anthropologie ou encore la science politique. Les articles de ce numéro spécial de [VertigO] – La revue électronique en science de l'environnement qui s'intitule « La mer, un construit politique. La privatisation des territoires et des ressources maritimes en acte » contribue à combler cette lacune en partant de différentes approches et en mobilisant l'anthropologie, la sociologie politique, le droit et la géopolitique dans l'analyse de l'objet « gouvernance des mers et des océans ».

Liens ajoutés le 11 janvier 2026

Christiane Rafidinarivo (2025). Territorialisation maritime et sécuritisation,  Carnets de recherches de l'océan Indien, 11 | 2025, https://carnets-oi.univ-reunion.fr/1186

La territorialisation maritime porte un paradoxe. Elle relève de la dynamique territoriale des États dans un système international sans gouvernement mondial. De plus, depuis la mondialisation, l’État n’a plus le monopole des relations internationales. Celles-ci sont devenues transnationales à multiples acteurs et multiples échelles. Cependant, aujourd’hui, un tiers seulement des frontières maritimes sont délimitées alors que la mer devient la voie de la quasi-totalité du commerce mondial et une nouvelle frontière des ressources ainsi que des activités maritimes. C’est ainsi que de nouvelles conflictualités et coopérations apparaissent. Les recherches empiriques de Christiane Rafidinarivo sur la territorialisation maritime dans l’océan Indien ont pour objectif d’analyser quel processus transforme les problèmes de territorialisation maritime en enjeu de sécurité, c’est-à-dire leur sécuritisation ou non. Son hypothèse est que la sécuritisation contribue à un processus ouvert ou fermé de régionalisation. Pour cela, la chercheure analyse d’abord le processus de sécuritisation internationale de la territorialisation maritime puis celui de sa sécuritisation régionale.

Mehran Idris Khan (2025). Law enforcement issues in the disputed maritime areas: apples and pears for the coastal states [Problèmes d'application de la loi dans les zones maritimes contestées : des pommes de discorde pour les États côtiers], Frontiers in Marine Sciencehttps://www.frontiersin.org/journals/marine-science/articles/10.3389/fmars.2025.1690709/full

Le juriste Mehran Idris Khan (Université de Pékin) analyse les difficultés du maintien de l’ordre dans les espaces maritimes disputés. En comparant les mers de Chine méridionale et orientale, il montre comment la CNUDM encadre des pratiques étatiques souvent conflictuelles. L’extension des ZEE jusqu’à 200 milles nautiques a intensifié pêche, transport maritime et exploitation énergétique. Lorsque les frontières restent indéterminées, plusieurs États exercent des contrôles concurrents, ce qui multiplie les incidents en mer et entretient des tensions diplomatiques. Les espaces maritimes disputés sont désormais structurels. En Asie orientale, des mers étroites de moins de 400 milles nautiques favorisent le chevauchement des revendications, transformant la délimitation maritime en enjeu géopolitique permanent plutôt qu’en simple question juridique. La CNUDM distingue souveraineté, droits souverains et juridiction. Dans les zones disputées, ces catégories s’entrecroisent. Les États revendiquent des droits exclusifs sur les ressources tout en contestant ceux des voisins, ce qui fragilise juridiquement les opérations de police maritime. Les articles 74(3) et 83(3) de la CNUDM imposent deux obligations majeures. Les États doivent rechercher des arrangements provisoires et éviter toute action susceptible de compromettre un accord final, afin de stabiliser les pratiques tant que la frontière maritime n’est pas fixée. En mer de Chine méridionale, la multiplicité des acteurs et la revendication chinoise de la "ligne en neuf traits", couvrant environ 90% du bassin, rendent l’application du droit très conflictuelle. Malgré l’arbitrage de 2016, les pratiques étatiques demeurent concurrentes. En mer de Chine orientale, le conflit est surtout bilatéral entre Chine et Japon. Les désaccords portent sur les îles Senkaku/Diaoyu et la méthode de délimitation, ligne médiane ou prolongement continental. Des accords de pêche et des mécanismes de dialogue limitent toutefois l’escalade. La comparaison montre que la coopération fonctionne mieux dans des cadres bilatéraux que multilatéraux. Le droit de la mer propose des règles de gestion provisoire, mais que leur efficacité dépend des choix politiques et des pratiques concrètes des États riverains. 

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