Cartographie d’exposition au phénomène de retrait-gonflement des sols argileux

 

Source : « Retrait-gonflement des argiles : la carte nationale d’exposition évolue » (BRGM).

À la demande de l’État, le BRGM et la Mission risques naturels ont actualisé la cartographie d’exposition au phénomène de retrait-gonflement des sols argileux, qui cause chaque année des dommages considérables aux bâtiments. Environ 240 000 sinistres dus au retrait-gonflement des sols argileux ont été déclarés entre 2018 et 2022, soit 58% des sinistres survenus depuis 1989 (chiffres Mission risques naturels). Face à cette situation, l’État a demandé au BRGM et à la Mission risques naturels d’actualiser la cartographie d’exposition à ce phénomène. Le nouveau zonage sera applicable dans le cadre de l’article 68 de la loi Élan au 1er juillet 2026.

À compter du 1er juillet 2026, la nouvelle cartographie des zones exposées au retrait-gonflement des argiles s’appliquera aux promesses de vente, aux actes de vente de terrains non bâtis constructibles et aux contrats visés par le Code de la construction et de l'habitation (CCH) en matière de sols argileux. Le sujet est loin d’être marginal : les zones d’exposition moyenne à forte représentent désormais 55 % du territoire métropolitain, contre 48 % auparavant. Ce phénomène, lié aux alternances de sécheresse et de réhydratation des sols est à l’origine de nombreux désordres structurels sur les bâtiments. La nouvelle cartographie résulte d’un croisement entre données géotechniques et sinistralité, avec près de 446 000 sinistres recensés entre 1989 et 2022. Le CCH prévoit dans ces zones, une étude géotechnique préalable en cas de vente d’un terrain non bâti constructible, ainsi que sa transmission avant contrat. Certaines régions sont particulièrement impactées par cette révision, notamment le Centre-Val de Loire, la Bourgogne-Franche-Comté, l’Auvergne-Rhône-Alpes et le Grand Est, où la part du territoire classée en exposition moyenne à forte progresse fortement. L’Île-de-France est elle aussi concernée.

Carte d’exposition au retrait-gonflement des argiles 2026 (source : © BRGM)

Consulter la nouvelle carte d’exposition sur le site Géorisques

En savoir plus sur le retrait-gonflement des argiles


Dossier expert sur le retrait-gonflement des argiles (RGA)

Pour compléter 

« Aléa argileux : c’est l’un des plus importants risques de catastrophe naturelle mais il est médiatiquement invisible » (The Conversation).

D’après le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) et le Ministère de la transition écologique, les dégâts des habitations liés à cet aléa concernent déjà un cinquième du territoire. Ils représentent le premier poste d’indemnisation au titre de l’assurance dommage-ouvrage pour les sinistres touchant les maisons individuelles. C’est-à-dire bien plus que les indemnisations liées aux avalanches, feux de forêt, séismes ou mouvements de terrain. Courant, cet aléa est pourtant très faiblement médiatisé. C’est ce que montre une étude systématique réalisée sur tous les articles de presse publiés dans la presse écrite locale et nationale sur les phénomènes de retrait-gonflement des argiles arrivés dans le Puy-de-Dôme entre 2011/2013 et 2018/2020. Plusieurs raisons ressortent des entretiens menés. La première explication, relativement banale, tient à la dimension peu spectaculaire des aléas argileux comparativement à d’autres aléas à la survenue plus soudaine, comme les inondations, les avalanches ou encore les feux de forêt. D’autres facteurs tiennent à l’organisation des médias qui s’emparent le plus de ces questions : les médias locaux. Obligés de couvrir un vaste territoire, les journalistes locaux qui doivent traiter ces aléas en sont rarement spécialistes. De même, du point de vue des services techniques en charge de la cartographie des zones argileuses risquées, le déploiement d’une communication de prévention ne fait pas partie de leurs missions, a fortiori pour des acteurs qui considèrent que la communication du risque doit avant tout être précise et pédagogique et reposer sur des documents techniques mis à disposition de la population. Dès lors, en l’état, le risque argileux reste présenté comme un risque dépolitisé qui nécessite uniquement des solutions techniques, des solutions dont la mise en œuvre et la responsabilité incombent aux particuliers et non aux responsables politiques en charge de l’aménagement des territoires, y compris des communes les plus sujettes à ce risque.
Cette situation limite la prise de conscience du phénomène par le grand public et la prise de décisions collectives visant à en réduire l’impact.

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