L'Office cantonal de la statistique (OCSTAT) met à disposition un Atlas statistique du canton de Genève et de la région transfrontalière. L'application cartographique (Géoclip) comprend de nombreux indicateurs concernant la population, l'espace et l'environnement, le travail, les entreprises et l'emploi, l'agriculture, la construction et le logement, la mobilité et les transports, l'administration et les finances publiques. L'Atlas transfrontalier réunit des statistiques qui sont d'habitude disjointes du fait qu'elles relèvent de deux pays différents. Si l'on se refère uniquement au territoire genevois, le nombre d'indicateurs est d'ailleurs plus important.
Atlas statistique du canton de Genève et de la région transfrontalière (source : statistique.ge.ch)
Le principal intérêt de cet Atlas est de couvrir plus de 1000 communes à cheval sur la Suisse et la France dans une région transfrontalière qui est aujourd'hui en pleine expansion. Le Grand Genève comprend plus d'un million d'habitants sur près de 2000 km² avec une densité assez forte qui dépasse les 500 hab/km². La volonté des autorités est de favoriser la mobilité en transport public afin de diminuer la dépendance des véhicules motorisés individuels, notamment en favorisant le développement de réseaux de transports publics à l'échelle de l'agglomération. L'Atlas couvre aussi le canton de Vaud qui entretient des liens étroits avec Genève et où la polarisation est également assez forte.
Plusieurs indicateurs permettent de saisir les liens qui unissent les espaces situés de part et d'autre de la frontière. Si l'on prend par exemple la part des résidents étrangers, on s'aperçoit qu'elle est assez forte des deux côtés. En raison du coût élevé de l'immobilier côté suisse, beaucoup de résidents suisse préfèrent s'installer en France. Inversement de nombreux actifs côté français vont travailler dans le canton de Genève où les salaires sont plus élevés qu'en France.
Part des résidents étrangers de part et d'autre de la frontière (source : statistique.ge.ch)
Part des actifs transfrontaliers travaillant dans le canton de Genève (source : statistique.ge.ch)
Pour obtenir davantage de données et les importer dans l'application cartographique, il est possible de se reporter au Statistiques du canton de Genève ainsi qu'au Portail de données ouvertes de la Suisse. Pour accéder à des cartes à différentes échelles, voir le Géoportail de la Confédération qui fournit un grand nombre de ressources cartographiques.
Pour compléter
« La Côte : et si l’accès à la propriété révélait une fracture profonde de notre société ? » (Le Temps). L’accès à la propriété échappe désormais à toute une génération. Ce qui était autrefois un projet naturel pour les familles de la région est devenu un parcours du combattant.
Lucas Michalet montre que La Côte, entre Genève et Lausanne, concentre un marché résidentiel parmi les plus chers du pays. Avec plus de 12 960 €/m² et des maisons dépassant 1,6 million €, l’accession à la propriété devient hors de portée pour des ménages au revenu médian de 7 560 €. L’auteur insiste sur la fracture territoriale. Les 20% d’apport exigés impliquent 324 000 € de capital. Sans héritage même les jeunes biactifs peinent. Le marché se referme entre propriétaires et héritiers, renforçant les inégalités patrimoniales évoquées par Piketty. Ce verrouillage immobilier interroge l’égalité des chances. L’accès au logement conditionne trajectoires sociales et stabilité résidentielle. Sur La Côte, la rareté devient structurelle et la méritocratie s’efface derrière la transmission familiale du capital. Cette pression foncière pèse aussi sur la démographie. Avec 1,29 enfant par femme en 2024, la Suisse est loin du seuil de renouvellement. Le manque d’espaces adaptés ralentit les projets familiaux. Même un quatre pièces devient inaccessible pour nombre d’habitants. L’auteur décrit une captation générationnelle. Les baby boomers détiennent une majorité de logements peu occupés. Le marché se fige, l’offre n’évolue plus. Adapter, partager ou diviser ces maisons permettrait d’augmenter l’offre sans étendre l’urbanisation. La Côte doit agir localement. Coopératives, foncier public, logements modulables et innovation architecturale peuvent rouvrir le marché.
Lien ajouté le 29 janvier 2026
Jennifer Barella (2025). Géodonnées et gouvernance territoriale : la trajectoire institutionnelle du Système d’Information du Territoire Genevois (SITG), Netcom, 39-3/4 | 2025, "Données et territoires : Quelle(s) place(s) pour les collectivités locales ?", https://journals.openedition.org/netcom/10042
Cet article explore l’émergence d’un acteur clé de la géoinformation dans la région genevoise. Il retrace la trajectoire du Système d’Information du Territoire Genevois (SITG) – initié par un réseau informel de passionnés de SIG – devenu, au fil du temps, un acteur central de la gouvernance des données spatiales à l’échelle régionale. À travers une analyse longitudinale de documents officiels internes, l’étude montre comment le SITG a progressivement accumulé une autorité institutionnelle, non pas à partir d’une feuille de route politique formelle, mais grâce à des collaborations techniques « par le bas », fondées sur des besoins opérationnels et une coordination pragmatique. Son influence s’est ensuite étendue au-delà du mandat cantonal, contribuant indirectement à la construction territoriale de l’agglomération du Grand Genève. Cette trajectoire illustre comment les acteurs et les infrastructures de données ne se contentent pas de soutenir la gouvernance territoriale : ils la constituent activement. En produisant des géodonnées interopérables, en coordonnant les standards techniques et en rendant visibles les contours d’un territoire commun, le SITG participe à la fabrication d’une entité territoriale. Cette étude empirique s’inscrit dans les débats en géographie numérique, gouvernance des données spatiales et aménagement territorial. Elle met en lumière le travail sociotechnique qui sous-tend la construction des acteurs et infrastructures de géo-données. Elle soutient que pour comprendre comment les outils numériques façonnent la gouvernance territoriale, il faut analyser les trajectoires institutionnelles, les pratiques informelles et les rapports de pouvoir dans lesquels ils s’inscrivent. Loin d’être neutres, ces infrastructures orientent les représentations, les pratiques et les cadres décisionnels. Le cas du SITG permet ainsi de réfléchir aux formes discrètes mais structurantes par lesquelles les systèmes d’information spatiale influencent la gouvernance territoriale contemporaine.
De villes en villes. Atlas des déplacements domicile-travail interurbains
Comparaison entre l'INSEE Statistiques locales et l'Observatoire des Territoires : deux sites de cartographie en ligne complémentaires
L'INSEE propose une nouvelle typologie des aires urbaines en fonction de leur niveau d’attraction
Quand les cartes révèlent les frontières fantômes
Atlas de la distribution des revenus des ménages en Espagne (INE)
Image, le générateur de cartes statistiques d'Eurostat