Quand Facebook révèle nos liens de proximité (3)

Les réseaux sociaux et notamment Facebook ont favorisé la mobilisation des gilets jaunes. Quels sont les thèmes d'étude que l'on peut aborder dans le cadre de l'Education aux médias et à l'information (EMI) et de l'Education Morale et Civique (EMC) ? Cette liste de ressources sélectionnées sur Internet est destinée à documenter le rôle des réseaux sociaux et à nourrir les débats.


1) Le partage des données sur les réseaux sociaux : Facebook et son nouvel algorithme

Le pouvoir de Facebook est de fédérer des personnes autour d’affinités multiples (voir le billet n°2). En changeant son algorithme en janvier 2018, la firme de Mark Zuckerberg a voulu prendre ses distances avec les contenus des médias traditionnels. Ce "nouveau" Facebook a généré une plus grande exposition aux contenus de ses amis, voisins ou proches, ce qui a contribué à la forte mobilisation des gilets jaunes lors de la première manifestation du 17 novembre et aussi en partie lors des actes suivants.
  • « #GiletsJaunes : de l'algorithme des pauvres gens à l'internet des familles modestes », 30 décembre 2018, Blog Affordances.info
    Facebook a énormément servi de relai à la mobilisation des Gilets Jaunes. Le mouvement n'y est peut-être pas "né" mais il y a tout au moins été largement incubé.
  • "Gilets jaunes : de l'algorithme Facebook à la rue »3 décembre 2018, France 24
    Les porte-parole désignés des “Gilets jaunes” ont en commun une forte présence sur Facebook. Un récent changement d’algorithme du réseau social a contribué à leur popularité et à celle du mouvement.
  • « Nouveau monde. Le nouvel algorithme de Facebook a-t-il favorisé le mouvement des gilets jaunes" ? », 6 décembre 2018, France Info
    Le changement d’algorithme du réseau social aurait décuplé la mobilisation des mouvements de protestation en ligne.
  • Les « gilets jaunes », récit d’un mouvement hors norme né sur Facebook, 10 décembre 2018, Le Monde
    Le mouvement, né sur les réseaux sociaux pour protester contre les prix à la pompe, s’est mué en vaste colère populaire qui ébranle le gouvernement.
  • « Gilets jaunes: les groupes les plus actifs sur Facebook », 5 décembre, BFM TV
    Le réseau social grouille désormais de centaines de groupes dans lesquels les Gilets jaunes expriment leur colère et organisent leurs rassemblements. Les plus populaires ont une activité foisonnante.
  • « Plongée dans les comptes Facebook des gilets jaunes », 14 janvier 2019, Le Nouvel Observateur
    Pour la Fondation Jean-Jaurès, le journaliste Roman Bornstein a étudié les comptes Facebook de nombreux "gilets jaunes". Dans la première partie de cette note, il revient sur la constitution du mouvement et analyse le rôle des algorithmes de Facebook dans sa constitution. Dans un second volet, il se penche sur les profils Facebook et les déclarations des principaux leaders : Maxime Nicolle et Eric Drouet.
  • « Facebook, le début de la fin ? », 14 janvier 2019, The Conversation
    Les utilisateurs (notamment français) sont de moins en moins convaincus de l’utilité sociale de Facebook. Selon eux, le réseau est utilisé pour maintenir des liens faibles plus que pour cultiver des liens forts. 
  • « Facebook change ses règles... et la taille des groupes de gilets jaunes diminue », 18 janvier 2019, Le Monde
    Le réseau social a introduit une nouvelle manière de compter les membres actifs dans les « groupes Facebook », un outil utilisé notamment par les manifestants. Depuis le 14 janvier 2019, les utilisateurs de Facebook ne peuvent plus faire entrer un de leurs contacts dans un groupe sans l’autorisation de ce dernier.

 L'essor des publications sur 148 groupes Facebook étudiés du 13 novembre
au 3 décembre 2018 (source : BFM TV)


2) La place importante des fake news sur les réseaux sociaux

En offrant plus de visibilité aux publications entre proches, Facebook augmenterait la visibilité des messages de colère et aussi des "fake news", qui alimentent largement le mouvement des gilets jaunes, et qui bénéficient de la dimension émotionnelle des réseaux sociaux. Pour rappel, les fake news (informations fallacieuses, infox ou fausses nouvelles) sont des informations délibérément fausses, délivrées dans le but de tromper un auditoire (source : Wikipedia).
  • « Gilets jaunes: démêler le vrai du faux de trois jours de mobilisation », 19 novembre 2018, Agence AFP
    La mobilisation des "Gilets Jaunes" contre la hausse des taxes sur les carburants a suscité le partage de nombreux commentaires, photos et vidéos sur les réseaux sociaux. L'AFP revient sur cinq éléments, vrais ou faux.
  • « Les gilets jaunes et la fracture médiatique », 18 décembre 2018, Le Figaro
    Une polémique est née après que la chaîne France 3 a été accusée d'avoir retouché une photographie. Sur une pancarte indiquant « Macron démission », n'apparaît plus que « Macron ». Peut-on parler de « fake news » ?
  • « Fake news : les gilets jaunes ont une tendance plus importante que la moyenne à adhérer aux thèses complotistes », 13 janvier 2019, France Info
    Rudy Reichstadt est spécialiste des thèses complotistes. Selon lui, le partage de fausses nouvelles provient entre autres d’une volonté de se distinguer des autres, de se penser "plus malin que les autres".
  • « Lutte contre les "fake news", ou quand les gilets jaunes font leur apprentissage médiatique », 16 janvier 2019, Marianne
    Alors que le mouvement est souvent critiqué pour son complotisme, des gilets jaunes se mettent à lutter sur Facebook contre les "fake news". Après avoir rejeté "les médias" et l'information en bloc, ces citoyens militants retrouvent goût à l'essence du journalisme : vérifier les faits.
 Le like ("j'aime") de Facebook est tourné en dérision pouce vers le bas. L'entreprise elle-même a entrepris de restreindre les like trop nombreux susceptibles de favoriser les fake news

 

3) Les réseaux sociaux, les médias et la liberté d'expression
  • « Gilets Jaunes : sur Facebook et Twitter, des internautes dénoncent les dérives des manifestants », 21 novembre 2018, Phone Android
    Sur Facebook et Twitter, des internautes n’hésitent pas à dénoncer les dérives du mouvement. Sur Twitter, les hashtags #Balancetongilet et #Balancetongiletjaune sont apparus.
  • « Facebook censure-t-il le mouvement des Gilets jaunes ? », 22 novembre 2018, Numerama
    Les militants arborant des gilets jaunes se plaignent d'une « censure » de Facebook. Joint par Numerama, le réseau social s'en défend. Plongée au cœur d'une théorie du complot qui prend de l'ampleur.
  • « Gilets jaunes : les journalistes ne sont pas des cibles ! », 20 novembre 2018, Syndicat de journalistes de France Télévision
    La haine des journalistes est aussi attisée par une prétendue censure à France 3. Il s’agissait en réalité d’une rédaction régionale qui devait rendre l’antenne à la fin d’un JT, et donc interrompre le direct d’une consœur. Le SNJ apporte tout son soutien aux consœurs et confrères victimes de ces agissements délictueux.
  • « Gilets jaunes et journalistes : aux sources du rejet », 29 novembre, The Conversation
    Des journalistes insultés, menacés, cibles de jets de pierre, sur les Champs Élysées, à Toulouse, dans la Drôme, etc. Tweets où fleurissent les « merdiasses » et autres « journalopes ». Vidéos de « gilets jaunes » où s’affichent la conviction que les médias sont aux ordres du gouvernement. Il serait possible de prolonger cette litanie des manifestations du violent divorce entre les acteurs du mouvement des « gilets jaunes » et les journalistes qui en rendent compte.
  • « Point de vue. Pourquoi et comment les réseaux sociaux ont influencé le mouvement des gilets jaunes », 13 décembre 2018, France InfoMéritée ou pas, la défiance à l'égard des médias a conduit beaucoup de gilets jaunes à faire davantage confiance aux contenus circulant sur les réseaux socionumériques pour s'informer. Ce simple état de fait est un encouragement pour les manipulateurs de tous poils à fabriquer des 'informations'", observe le chercheur Arnaud Mercier.
  • « Gilets jaunes : les médias en font-ils trop ? », 22 décembre 2018, France Culture
    Voilà plusieurs semaines qu’ils occupent le terrain et jusqu’aux pages de nos journaux, tous supports confondus. L’institut d’études Kantar média a même évalué la retombée médiatique de ces blocages à l’équivalent d’un match de foot de l’équipe de France lors de la dernière coupe du monde. Mais les "gilets jaunes", qui prévoient aujourd’hui de bloquer la capitale, ont cette semaine nourri un débat au sein même des rédactions.
  • « Sur Facebook, des gilets jaunes lancent leurs propres médias », 12 janvier 2019, Le Monde
    « Vécu » et « France Actus » sont nés de la défiance exprimée par de nombreux Gilets jaunes à l’égard des médias traditionnels. Leurs vidéos ont enregistré 4 millions de vues en un mois.
  • « Jaune, le journal pour gagner », journal téléchargeable sur le site Jaune.noblogs.org
    Jaune est diffusé en ligne et distribué sur des rond points. Ses rédacteurs et rédactrices l’annoncent comme le premier organe de presse des Gilets jaunes.

Un gilet jaune montre une pancarte contre les médias, le 1er décembre 2018 à Paris. 
(source : Laure Boyer / Hans Lucas / AFP)
 


4) Démocratie directe versus démocratie représentative
  • « Gilets jaunes : peut-on calculer sa légitimité grâce à son nombre de vues Facebook ? »  Emission Quotidien avec Yann Barthes, TF1
  • « Après avoir liké, les gilets jaunes vont-ils voter ? », 5 décembre 2018, Blog Affordance.info
    Dans mon dernier article sur le sujet je concluais en soulignant la forme "d'émancipation paradoxale" que produisait Facebook en permettant aux Gilets Jaunes d'accéder à un espace, discursif, médiatique, organisationnel et situationnel dont ces gens-là se retrouvaient privés depuis l'effondrement des corps intermédiaires supposés les représenter. Il n'est pas impossible que cette émancipation leur soit également volée parce qu'une nouvelle fois, il faut le dire, le répéter et le comprendre, Facebook facilite autant les révolutions sociales qu'il en compromet la victoire.
  • « Débat : Peut-on encore gouverner à l’heure des réseaux sociaux ? », 5 décembre 2018, The Conversation
    La révolte des gilets jaunes n’est qu’un symptôme de plus d’un mal plus profond, celui qui a conduit au Brexit, à l’élection de Viktor Orban, Donald Trump, Matteo Salvini et Jair Bolsonaro, et qui garantit l’inamovibilité de Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan... Les causes de ce syndrome sont connues : déclin des idéologies, affaiblissement des corps intermédiaires, pessimisme généralisé, peur du déclin (social, économique, industriel, environnemental, culturel, religieux…), crainte des grands changements (mondialisation, migrations, concurrence internationale, terrorisme, métropolisation…) et opportunisme des marchands de peur et de rêve, qui attisent l’angoisse et la haine, fonds de commerce de leurs prospères PME populistes et médiatiques. A cela s’ajoutent la toute-puissance des réseaux sociaux, qui bousculent les logiques traditionnelles des mobilisations, de la communication, de l’information et du fonctionnement de l’espace public.
  • « Les Gilets Jaunes se font une place dans les médias et l'agenda politique », 7 décembre 2018, Rapport de recherche du LERASS
    Quatre chercheurs du Laboratoire d’études et de recherches appliquées en sciences sociales ont publié leur deuxième rapport sur l’expression des « gilets jaunes » sur Internet depuis le début de la mobilisation. Pour réaliser leur rapport, les chercheurs toulousains ont passé au crible grâce à un logiciel des centaines d’articles de presse et des milliers de posts, commentaires et tweets. Selon leur étude, les « gilets jaunes » ont en commun leur hostilité pour Emmanuel Macron et la volonté de voir mis en place des référendums d’initiative populaire.
    • « Débat : La foule n’est pas le peuple », 10 décembre 2018The Conversation
      On a entendu, depuis un mois, beaucoup d’approximations sur ce que la démocratie est censée être, du côté des gilets jaunes et des responsables politiques qui entendent récupérer leur mouvement, mais aussi du côté de certains journalistes et chroniqueurs.
    • « Éric Drouet et Priscillia Ludosky, deux figures des gilets jaunes actent leur rupture sur Facebook », 14 janvier 2019, The Huffington Post

    Pancartes, tags, slogans : ce que disent les mots des gilets jaunes (source : Le Figaro)


    5) Les réseaux sociaux et le grand débat national
    • « Le Grand débat national », site officiel du Grand débat national
      Comment s'organise-t-il ? quels sont les thèmes ? Comment y participer ? A quoi serviront les contributions ?
    • « Débat : La citoyenneté du nombril des gilets jaunes », 23 novembre 2018, The Conversation
      Le mouvement des gilets jaunes nous renseigne sur ce que le politologue Christian Le Bart qualifie comme la montée conjointe du métier d’individu et de l’égo-politique.
    • « Sur les réseaux sociaux, le référendum d’initiative populaire a la cote... contrairement à Macron », 8 décembre 2018, 20 minutes
    • « L'article à lire pour comprendre le référendum d'initiative citoyenne, l'une des revendications des gilets jaunes », 17 décembre, France Info
    • « Débat : Des gilets jaunes au grand débat : quels enjeux institutionnels ? », 6 janvier 2019, The Conversation
      La saga des « gilets jaunes » et les pillages de décembre relayés dans le monde entier ont révélé les failles de la représentation démocratique dans le jeu politique français. La cristallisation de la colère autour de la figure présidentielle, plébiscitée encore six mois plus tôt, souligne l’acuité du problème institutionnel.
    •  « Gilets jaunes ou stylos rouges : le web carburant des débats », 8 janvier 2019, L'Express
      Via des pétitions ou sur Facebook, internet semble aider le citoyen à redevenir acteur central des débats.
      
    Une des nombreuses illustrations partagées sur des comptes Facebook de gilets jaunes pour dire "oui" 
    au référendum d'initiative citoyenne



    Cette liste de liens est complétée au fur et à mesure des publications repérées dans les médias et sur les réseaux sociaux. N'hésitez pas à nous en faire part...

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