Les villes face au changement climatique et à la croissance démographique

Le cabinet de consulting Verisk Maplecroft a publié en novembre 2018 un rapport fondé sur l'"index de vulnérabilité au changement climatique". Cet index de vulnérabilité prend en compte une cinquantaine de données existantes allant des modèles climatiques aux facteurs économiques, en passant par les projections démographiques.

Ce rapport estime que 84% des villes dont la croissance est la plus rapide au monde font face à des risques « extrêmes » de changement climatique. Certaines des villes les plus peuplées de la planète, comme New Delhi, Bombay, Mexico, Karachi ont un "risque élevé" de voir le changement climatique infliger des dommages à leurs économies et à leurs populations.



Les villes africaines apparaissent comme les plus exposées au réchauffement climatique. Parmi les villes les plus exposées, on trouve : Kampala en Ouganda, où la population annuelle devrait augmenter de 5,1% par an en moyenne entre 2018 et 2035 ; Dar-es-Salaam en Tanzanie (4,8%), Abuja (4,5%) et Lagos (3,5%) au Nigéria ; Addis-Abeba (4,3%) en Éthiopie et Luanda (3,7%) en Angola. Cette vulnérabilité accrue du continent africain n'est pas un fait nouveau. D'autres analyses avaient déjà attiré l'attention sur ce problème (voir par exemple l'étude faite par Maplecroft en 2013 ou cette carte du Monde diplomatique de 2015). Voici la carte proposée par l'AFP à partir de l'étude conduite par Maplecroft.




La relation est forte entre vulnérabilité au changement climatique et taux de croissance démographique. Les villes les plus exposées au risque manquent déjà de services de santé adéquats et de systèmes pour atténuer les effets des catastrophes, elles comptent également des populations extrêmement vulnérables. La pression sur les services essentiels va s'intensifier si les populations continuent d'augmenter. De là à penser que la réduction de la croissance démographique est la seule solution pour réduire les effets du changement climatique, il y a tout de même à s'interroger (cf polémique soulevée par l'affirmation de l'AFP qu'"avoir un enfant en moins" est la solution la plus efficace pour diminuer son empreinte carbone).

Il est malgré tout intéressant de croiser cette carte avec celle montrant la croissance des métropoles à l'échelle mondiale. Depuis 1998, l'ONU publie chaque année les chiffres de l'urbanisation dans le monde. Les données sur la population rurale et urbaine sont téléchargeables ainsi que les cartes et les profils par pays. Ces données sont directement consultables à travers une carte interactive sur le site World City Populations 1950 - 2035.



Cette application en ligne élaborée à partir des données de l'ONU permet d'afficher la population des grandes villes mondiales en 1950, 1990, 2015 et 2035 (projection). Les cercles proportionnels sur la carte permettent de faire ressortir directement les évolutions. En cliquant sur une ville, on obtient son évolution de 1950 à 2035 ainsi que son classement au rang national et au rang international. Voici par exemple la comparaison entre Shanghai et Le Caire.


 



Le site World City Populations 1950 - 2035 fournit également des tableaux de classement des métropoles mondiales par date (ici une comparaison entre 1950 et 2015) :

Le site Urban Age fournit une application cartographique en ligne pour mesurer les croissance des villes sur la période 21012-2030 : http://urbanage.lsecities.net/data/populations-of-the-largest-urban-agglomerations