Que vaut la data map qui géolocalise les voeux des candidats sur Parcoursup ?

Parcoursup rassemble les voeux de quelque 810 000 jeunes et regroupe environ 80% des formations post-bac proposées en France, qu'elles soient sélectives (prépas, BTS, DUT, double-licences etc.) ou non-sélectives (licences générales). Cette nouvelle plateforme, qui a remplacé en 2018 le logiciel Application Post-Bac (APB), semble encore plus décriée par les étudiants que la précédente application informatique, si l'on en juge par les nombreuses récriminations ou incompréhensions sur les réseaux sociaux (voir par exemple sur Twitter le hashtag #Parcoursupercherie). Au 28 mai 2018, ce sont quelque 400 000 lycéens qui sont en attente de réponses définitives concernant leurs voeux d'orientation pour des études supérieures. Ces étudiants n'ont pas reçu de proposition et vivent ce premier refus comme un échec, une humiliation ou pour le moins un découragement au moment même de passer les épreuves du baccalauréat. 

Dans un souci (quelque peu tardif) de communication et de transparence, le Ministère de l'Education Nationale a fini par communiquer les algorithmes de Parcoursup (voir le thread de Guillaume Ouattara #AlgorithmeParcoursup). Dans la foulée a été mise à disposition une carte interactive des résultats par établissements sur un fond de carte Openstreetmap :

Publication des voeux des candidats sur Parcoursup au 28 mai 2018 


Cette carte interactive utilise des technologies de traitement et de visualisation de données massives développées au LaBRI (CNRS / Université de Bordeaux / Bordeaux INP). Le choix de la plateforme Framagit pour publier ce code n'est peut-être pas un hasard : c'est un service proposé par l'association Framasoft qui promeut le logiciel libre. Y aurait-il un message de notre République numérique derrière ce choix ? Il faut tout de même patienter un peu avant de voir la carte s'afficher avec les centaines de milliers de voeux, le temps que le script Leaflet fasse son travail d'actualisation. C'est l'occasion de s'interroger sur l'intérêt et les limites d'une "data map" élaborée par un laboratoire informatique. La carte donne le nombre de vœux par établissements (détaillé par filières de formation) ainsi que la provenance des élèves ayant postulé pour chaque établissement d'accueil. Voici par exemple l'université Paris 7 Diderot avec ses formations et le nombre d'étudiants ayant obtenu une réponse positive par filières :


En dézoomant on voit apparaître les voeux en provenance des établissements français
à l'étranger ou dans les outre-mers :


Il convient de noter que l'application ne donne à voir que les réponses positives : « oui »  « oui si, en attente d’une place » pour chacun des voeux formulés. Le ministère ne communique pas sur les attentes et les refus (plus de 378 000 au 28 mai 2018), sans doute pour ne pas alimenter la polémique et dans l'idée que la situation devrait s'améliorer progressivement au fur et à mesure des désistements. Il faut rappeler que, pour chaque formation, les places disponibles ont été proposées aux candidats dont le dossier était le mieux classé, lesquels ont sept jours pour y répondre, et ne pourront être proposées à ceux « en attente d’une place » qu’au fur et à mesure des désistements. Comme le fait remarquer le journal Le Monde, « Parcoursup laisse les élèves mijoter, vérifier, espérer ». On ne compte plus les journaux ou les sites Internet qui s'efforcent d'expliciter le sens de ces réponses, de donner des conseils et de guider les étudiants dans leurs stratégies de voeux.

Et si la véritable évolution de Parcoursup était l’entrée des universités dans le marché de l’enseignement supérieur ? Comme le souligne non sans ironie le Nouvel Obs, « quand les étudiants classent les facs, the winner is... La Sorbonne.» La polémique semble actuellement se déplacer vers les algorithmes locaux utilisés par les universités ou les grandes écoles pour sélectionner leurs étudiants. Il n'y aurait aucun critère de transparence sur ces algorithmes locaux. D'aucuns demandent la communication de ces algorithmes au nom du Code des relations entre le public et l'administration (article 312-1-3). Les candidats peuvent aussi s’appuyer sur le règlement général sur la protection des données personnelles (RGPD), qui est entrée en vigueur le 25 mai 2018.


Dans un souci d'anonymisation des données (obligation de respecter la loi Informatique et Libertés de 1978), des seuils ont été appliqués. Les localisations géographiques exactes ont été également un peu modifiées (d'où quelques problèmes de positionnement géographique pour certains établissements). Derrière cette carte "en cheveux" indiquant la provenance des candidatures (dont les voeux ne tiennent qu'à un fil ténu !), on voit finalement apparaître la zone d'attractivité de chaque établissement comme dans une carte en oursins. La carte reflète donc indirectement le degré de popularité des établissements (universités, IUT, classes préparatoires en lycées publics ou privés...). En réalité cela dépend beaucoup du niveau de zoom, puisque les données ont été agrégées au niveau supérieur des quartiers et des villes (pour faciliter la lecture ou réduire les possibilités d'analyse ?). Ainsi un même cercle peut contenir plusieurs établissements, auquel cas on a seulement le niveau global d'attractivité des villes face aux demandes des étudiants, donc en partie mais toute la question est là, leurs capacités réelles d'offres en termes d'enseignement supérieur.

Comme indiqué sur le site, il s'agit avant tout d'une "carte informative" qui est censée publier les résultats globaux de Parcoursup au fur et à mesure que les voeux seront satisfaits. Cette carte n'a rien de définitif, elle n'a aucune vocation même à représenter quoi que ce soit. Elle géolocalise, elle recense, elle décrit, mais que vaut-elle sur le plan de l'analyse et de l'interprétation ? Il serait intéressant de reprendre ces données et de les intégrer dans une application de cartographie thématique pour les faire "parler" davantage. Certains syndicats comme par exemple Sud Education, font remonter une nette inégalité entre lycées. Des élèves venant de voies professionnelles, technologiques ou de quartiers réputés difficiles ont bien moins de réponses que les autres. A en juger par le mouvement de contestation et les réflexions actuelles sur le big data et sur l'open data, il y a fort à parier que les données produites par Parcoursup seront détournées vers d'autres utilisations que celles initialement prévues. Dans ce cas, on passerait d'une informatique de traitement pour sélectionner et orienter des flux à une informatique d'analyse des données et de réflexion sur leurs conditions d'utilisation et leur degré de signification dans une société de l'information où le pouvoir des big data est aussi bien du côté des institutions que du côté des citoyens.

Affaire à suivre...



Ajouté le 29/05/2018 :

L'idée serait de proposer un TD de cartographie appliquée où les étudiants auraient à comprendre le mode de construction de cette carte proposée par la plateforme Parcoursup et à conduire des analyses sur plusieurs thèmes qui touchent de manière sensible à leur orientation, mais aussi à l'approche géographique des territoires de formation. On pourrait alors les faire réfléchir sur :
  • l'attractivité des universités, des classes prépas, des BTS, des IUT... à différentes échelles (régionale, nationale et internationale) et les facteurs pouvant contribuer à cette attractivité ;
  • la comparaison entre ces établissements d'accueil (l'opposition Paris/province mais aussi entre universités parisiennes, sans oublier l'opposition métropole/outre-mer);
  • la carte de l'offre de formation par filières avec le détail de réponses positives, qui reflète en partie l'attractivité de certaines filières sélectives ;
  • le nombre et l'origine des candidatures pour certains établissements qui peinent à acquérir une certaine masse critique ;
  • le fort déséquilibre entre les demandes des étudiants et la capacité d'offres des établissements (données complémentaires à rechercher)...

Quelques exemples, cartes à l'appui, pour vérifier cette affirmation du Nouvel Obs du 21 mai 2018 :

"Faut-il rappeler qu’avec Parcoursup, la nouvelle plateforme d’accès au supérieur mise en place par le gouvernement, ce ne sont pas seulement les facs qui classent les étudiants. Ce sont aussi les étudiants qui classent les facs !"


L'attractivité de l'université Panthéon Sorbonne à l'échelle internationale

L'attractivité de l'université de La Réunion à l'échelle internationale

 L'aire d'attractivité de la métropole de Lyon à l'échelle nationale

Nantes à l'échelle régionale du grand Ouest


Ajouté le 28/08/2018

Dans un article du 27 août 2018 "Parcoursup, y a un bug", le journal Alternatives économiques fait le point sur l'évolution des candidatures pendant l'été et montre que seuls 6 candidats sur 10 ont obtenu et accepté une proposition d'orientation à la veille de la rentrée :



Le système d'orientation mis en place par Parcoursup ne résout pas fondamentalement les problèmes structurels des universités qui ont bien du mal à faire face conjointement à la hausse de leurs effectifs et à la baisse de leurs moyens : 







Etudier les conflits maritimes en Asie en utilisant le site AMTI

Le projet Asia Maritime Transparency Initiative (AMTI) vise à fournir une plateforme d'information, d'analyse et d'échange sur les questions de sécurité maritime en Asie. Le site a été conçu par le Center for Strategic and International Studies (CSIS), un institut américain d'études politiques et d'analyses stratégiques qui essaie de fournir des informations objectives sur les enjeux de politique et de sécurité internationales.

Les informations, régulièrement mise à jour, sont présentées sous forme de cartes interactives. Elles permettent d'étudier les revendications territoriales et maritimes des différents pays d'Asie. Ces cartes sont  agrémentées d'images satellites en haute résolution permettant de suivre la transformation des îles, en particulier les Spratleys et les Paracels que la Chine a intégrés dans sa zone d'influence. Mais le site permet aussi d'aborder d'autres types de conflits ou de litiges maritimes en Mer de Chine orientale, en Asie-Pacifique et dans l'Océan Indien. En cochant et en décochant les pays, on peut faire apparaître de manière très claire les périmètres des eaux territoriales et des ZEE ainsi que leurs zones de chevauchement (avec les lignes de base précises ayant permis de les délimiter). La carte inclut une option de filtre qui vous permet d'afficher n'importe quelle combinaison de revendications territoriales en fonction des pays :


La ligne à neuf traits défendue par la Chine (la fameuse "langue de boeuf") ainsi que la ligne en forme de U de Taïwan dans la mer de Chine méridionale sont représentées en pointillés de manière à montrer l'ambiguïté de ces revendications. Dans un souci d'objectivité, sont représentées uniquement les réclamations territoriales fondées sur les accords internationaux, la législation nationale et la soumission publique des réclamations des demandeurs. Ainsi dans la mer de Chine méridionale, les droits maritimes des îles Paracels et Spratleys ne sont pas indiqués en raison d'un manque de clarté dans les revendications formulées par les différents pays. Le site annonce que ces informations seront mises à jour lorsque la situation en mer de Chine méridionale sera plus claire. 

Le suivi des images île par île est vraiment très instructif et permet d'étudier l'évolution rapide de l'artificialisation et de la militarisation de ces îles et archipels :


Certaines îlots émergent à peine de l'eau et sont inhabités, posant des problèmes de calcul de la ZEE. Pour générer une ZEE autour d’une île, il faut selon la convention de Montego Bay (1982) qu’elle ne soit pas recouverte à marée haute, qu’elle soit habitée et qu’elle possède une activité économique propre. Pour chacune des îles revendiquées, le site donne une description très précise avec son nom dans différentes langues, ses coordonnées géographiques, son statut légal et sa superficie réclamée.

Le récif de Fiery Cross est localisé dans la partie occidentale de l'archipel des îles Spratleys, entre la côte vietnamienne et l'île de Bornéo. Il est également connu sous sa désignation chinoise d'île Yongshu. Il a été largement remanié et agrandi entre 2014 et 2016 par les autorités chinoises. Celles-ci ont voulu en faire une base aérienne et navale stratégique dans la partie sud des eaux territoriales qu'elles revendiquent. Sa superficie est désormais de 274 hectares, ce qui est suffisant pour abriter une longue piste (environ trois kilomètres), utilisable par des bombardiers stratégiques, des chasseurs et des avions civils :


Dans un communiqué du 18 mai 2018, le site AMTI fait état pour la première fois de l'atterrissage de bombardiers chinois Xian H-6K, capables de lancer des missiles de croisière par air  Ces bombardiers à longue portée de dernière génération peuvent décoller de Woody Island, la plus grande base militaire des îles Paracels, et couvrir l'ensemble de la mer de Chine méridionale. Le site AMTI souligne le rôle de Woody Island en tant que base avancée pour des déploiements éventuels dans les îles Spratleys plus au sud :



Le rayon d'action des avions de combat H-6K est d'environ 1000 miles nautiques (1 800 km). La quasi-totalité des Philippines tombe dans leur rayon d'action, dont la capitale Manille ainsi que les cinq bases militaires prévues par l'Accord de coopération et de défense signé avec les Etats-Unis. Avec les améliorations techniques qui pourraient conférer au H-6K un rayon d'action de près de 1900 milles nautiques, ce serait toute l'Asie du Sud-Est qui serait accessible depuis Woody Island. D'ores et déjà, les avant-postes des "Big 3" dans les Spratleys (les îles de Subi, Mischief et Fiery Cross Reefs) mettent Singapour et une grande partie de l'Indonésie à portée des bombardiers. Depuis les Spratleys, les bombardiers H-6K pourraient atteindre les installations de défense américaine au nord de l'Australie ou au Guam. Les déploiements actuels et futurs de plates-formes aériennes et de missiles dans les Paracels et les Spratleys ne cessent d'étendre les capacités de projection chinoises à partir de ces îles avant-postes :



Au total le site AMTI permet de documenter de manière précise les enjeux géopolitiques et géostratégiques de ces territoires maritimes en Asie. L'étude est centrée sur les cinq  pays qui ont les principales revendications territoriales : la Chine, la Malaisie, les Philippines, Taïwan et le Vietnam. Ces pays occupent à eux seuls près de 70 îles et récifs en mer de Chine méridionale. En n'hésitant pas à remblayer et à poldériser avec du sable, ils ont construit plus de 90 avant-postes dont beaucoup ont connu une expansion rapide au cours de ces dernières années, au point de devenir de véritables îles "portes-avions". La Chine est la principale puissance régionale à exercer une très forte pression sur ces récifs coralliens transformés en îles artificielles.

Pour compléter :
    • Un parcours pédagogique avec Google Earth proposé par le site Voyages virtuels de Jean-Marc Kiener. 
    • Une storymap qui retrace les étapes du conflit depuis 2015 par le quotidien Al Jazeera.
    • Dossier de presse avec infographies récentes réalisé par le site Reuters graphics en collaboration avec Earthrise Media, 24 mai 2018.
    • Mer de Chine, la guerre des archipels. Film de Marc Petitjean (Arte) disponible sur Youtube.
    • La Chine n'a pas de droits historiques en mer de Chine. Article du journal Le Monde du 12 juillet 2016.
    • Une partie de Go dans l’Océan Indien : stratégie maritime chinoise, réalité indienne et arbitrage américain. Perspectives Internationales, 19 avril 2014.
    • François Taglioni, Les petits espaces insulaires au cœur des revendications frontalières maritimes dans le monde, L'Espace Politique, 2007.
    • Yann Roche, La Mer de Chine méridionale : un enjeu frontalier majeur en Asie du Sud-Est », L’Espace Politique, 2013.
    • Sylvain Genevois, La cartographie des espaces maritimes au prisme de la géographie scolaire. Actes du Grand Séminaire de l'océan Indien 2016. "Entre terres et mers, cartographies du sud-ouest de l'océan Indien", Sep 2016, Saint-Denis. Université de la Réunion. 


      Entre profusion et manque : défis et limites de l’usage et de la production de données en géographie de l’éducation

      ECOLE NORMALE SUPERIEURE DE LYON – INSTITUT FRANÇAIS DE L’EDUCATION
      Entrée libre - 22 juin 2018
      Journée d’étude réalisée dans le cadre du programme E C R I T E
      (Etude sur les Contextes de RecomposItions Territoriales en Education)

      9h30 - 10h00
      • Présentation de la journée et mot d’introduction Antoine Laporte et Michel Lussault – ENS de Lyon
      LES ENJEUX SOCIO-ETHIQUES DE L’UTILISATION DES DONNEES

      10h00 - 12h00
      • Du stratégique au sensible. Une approche de géographie sociale de l’éducation David Giband – Université de Perpignan
      • Compter, mesurer, responsabiliser : les enjeux de l’accountability aux États-Unis et ses dérives Nora Nafaa – Université de Perpignan
      • L'accès aux données d'affectation dans le supérieur : enjeux éthiques Leïla Frouillou – Université de Nanterre

      LA QUESTION DES INEGALITES SOCIO-SPATIALES
      Approche par les collèges
      13h30 - 15h00
      • Les données scolaires pour l'étude des inégalités socio-spatiales, 1980-2018 Jean-Christophe François – Université Paris 7
      • Accéder, associer et combiner les données scolaires. Enjeux géographiques de l’exploitation des bases de données du second degré. Gwenaelle Audren – Université Aix-Marseille
      Pause
      15h15 - 17h00
      Approche par l’enseignement supérieur
      • Les mobilités étudiantes entre mesures et démesures. Retours sur 25 ans de recherche. Myriam Baron – Université Paris-Est Créteil
      • Mobilité des publics universitaires vue des campus : de la production de données à l’aide à la décision. Olivier Klein et Louafi Bouzouina – ENTPE

      ENS de Lyon - IFE
      15 parvis René-Descartes,
      69007 Lyon
      Site Buisson – Salle D8-001
      Arrêt Debourg (Ligne métro B, Tram T1)

      Cartographier le parcours d'un migrant avec Google Maps

      "L'idée c'était d'avoir une vision concrète du parcours d'un migrant". Au collège Val d'Oudon du Lion d'Angers, Pierre Ramon, professeur d'histoire-géographie, a adopté une double démarche. D'abord faire rencontrer par les élèves Alex, un migrant érythréen. Ensuite, avec des outils Google Maps, observer et cartographier son parcours. Au final, une découverte humaine où la géographie et ses outils sont au service d'une réflexion citoyenne... Pierre Ramon se défend de pratiquer une géographie engagée et il a raison. En fait il pratique une géographie citoyenne, celle qui donne aux futurs citoyens les moyens de devenir des acteurs de la gestion de leur espace.

      Voir l'interview complète de Pierre Ramon pour le Café pédagogique.

      Consulter les cartes produites par les élèves sur le site du Collège du Val d'Oudon.


      Trajet d'Alex, migrant érythréen pour rejoindre l'Europe 
       (reconstitué par un élève, Jules en classe de 4e E)

       

       
      Ce serait intéressant de tester des scénarios de cartographie collaborative permettant de travailler avec des groupes d'élèves sur une même carte. D'autres outils que Google Maps permettent également de faire ce travail tels Umap ou Framacarte, même si les outils fournis par OpenStreetMap sont pour l'instant moins connus et moins usuels que Google Maps.
       
       
      Pour prolonger la réflexion sur la cartographie des récits de migrants :
      • Sébastien CAQUARD et Thierry JOLIVEAU (2016). Penser et activer les relations entre cartes et récits, M@ppemonde n°123.
      • Romain LIAGRE (2008). De la difficulté de cartographier les itinéraires migratoires clandestins, Espace populations sociétés, 2008/3, 453-461.
      • Camille RENARD (2015). Où vont les migrants européens ? Migrants : trois cartes pour comprendre, France Culture, 3 juillet 2015.
      • Maëline LE LAY (2015). Cartographier les récits de migrants : Autour de The Mapping Journey Project de Bouchra Khalili, LAMenparle, 12 octobre 2015.



      6e Rencontres nationales autour du projet OpenStreetMap

      Les 1-2-3 juin 2018, le campus de l’Université Bordeaux Montaigne accueille les 6e Rencontres Nationales autour du projet OpenStreetMap : le State Of The Map France (SotM).

      State of the Map France
      Durant 3 jours, contributeurs, utilisateurs, représentant.e.s de collectivités et d’entreprises gravitant autour du Web et de l’information géographique, chercheur.e.s, mais aussi personnes curieuses de découvrir cette « carte libre du monde », ce commun que représente OSM, se retrouveront pour partager leurs expériences, se tenir informés, se former, découvrir l’écosystème et les multiples applications - existantes ou à imaginer – autour d’OpenStreetMap.

      Pour en savoir plus : http://sotm2018.openstreetmap.fr/ :

      Lien vers le programme, plus de 80 présentations pour 60 heures d’interventions, d'ateliers, de tables rondes : http://sotm2018.openstreetmap.fr/programme.html

      Formulaire d'inscription : http://sotm2018.openstreetmap.fr/inscription.html



      Unfiltered news, le site qui fait sortir de sa bulle géographique


      Unfiltered News est un incroyable site web qui permet de visualiser ce qui fait chaque jour l’actualité dans la plupart des pays du monde. Voir la présentation complète de l'application par Fidel Navamuel sur son site Outils TICE.

      Ce site rassemble, sous forme de carte interactive, les sujets les plus abordés par pays. Il s'agit des sujets les plus importants issus de Google Actualités. Ils sont consultables par jour et par pays et regroupés en fonction des grands thèmes abordés (ou non). 

      Le site Unfilitered News nous offre la possibilité de sortir de la bulle dans laquelle nous sommes enfermés par notre situation géographique. Très utile pour l'Education aux médias et à l'information (EMI) et pour l'Education civique.


      Il convient cependant de noter que l'idée de ce site provient d'un think tank. Unfiltered New n'est donc pas neutre  : il est issu d'un incubateur de Google (Jigsaw), investi de la nouvelle croisade numérique de Google pour affronter les grands défis du monde. Voir la présentation de Jigsaw sur le site Intelligences connectées.



      Le Monde vu d’Asie. Une histoire cartographique.

      Le Monde vu d’Asie. Une histoire cartographique de Pierre Singaravélou et Fabrice Argounès édité par Le Seuil et le Musée national des arts asiatiques-Guimet/MNAAG, 2018, 192 p. ISBN : 978-2021375008 Prix : 35 €.



      "Ce beau livre relate une autre histoire du monde, centrée sur l’Asie à travers des chefs d’œuvre cartographiques et iconographiques, célèbres ou méconnus, qui témoignent des échanges féconds entre les différentes régions asiatiques, ainsi qu’entre l’Asie et le reste du monde du XVe au XXe siècle. Après avoir présenté les univers cosmographiques hindou, jaïn, bouddhiste et taoïste qui constituent la matrice des cartographies religieuses, les auteurs nous invitent à suivre certains explorateurs comme l’amiral Zheng He, des moines tel Xuanzang et ses fameuses Pérégrinations vers l’Ouest, et les commerçants partis sur les routes des "grandes découvertes" asiatiques. Les nouveaux pouvoirs royaux et impériaux mettent en scène leur autorité sur le territoire grâce à la cartographie, à travers la représentation des conquêtes, des frontières, des grands travaux et des capitales. Longtemps, les mappae mundi chinoises, coréennes et indiennes confondent le monde avec l’Asie et relèguent l’Europe et l’Afrique dans les marges des cartes. À partir de la fin du XVIe siècle, la coopération entre les jésuites européens et les savants chinois induit un décentrement, qui ouvre des perspectives géographiques aux élites autochtones, tout en situant l’Asie au cœur du monde. Au XIXe siècle, la présence coloniale européenne apparaît sur les cartes qui traduisent d’autres formes d’hybridation des savoirs. Les Occidentaux se sont alors réapproprié ces savoirs cartographiques asiatiques et une grande partie de ces œuvres ont été déplacées notamment dans certaines collections françaises."

      Professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et membre de l’Institut universitaire de France, Pierre Singaravélou a publié de nombreux ouvrages sur l’histoire du fait colonial et de la mondialisation en Asie aux XIXe et XXe siècles. Il dirige les Éditions de la Sorbonne et le Centre d’histoire de l’Asie contemporaine.

      Enseignant en géographie à l’université de Rouen-Normandie et chercheur en épistémologie et histoire de la géographie et de la cartographie, Fabrice Argounès a publié plusieurs livres sur l’histoire de la cartographie et la géopolitique en Asie et dans le Pacifique.
      Tous les deux sont commissaires de l’exposition "Le monde vu d’Asie. Une histoire cartographique" qui a lieu au musée Guimet.

      Lire l'interview des auteurs dans Libération


      « Carte générale de tous les pays de la terre », de K. Yoshiharu (1809-1810), avec l'Asie au centre du monde.


      Chercher une carte IGN par thème d'études


      Vous cherchez une carte du @Geoportail avec du bocage, une raffinerie, de la périurbanisation ?

      Pour leurs cours de géographie ou de cartographie, les enseignants sont souvent à la recherche de cartes IGN contenant un certain type d'éléments : une carte avec vignoble, une zone industrielle, un barrage...

      La cartothèque de Paris 8 propose un recensement par thème assez pratique pour trouver la carte topo qui vous convient. Cette liste propose les titres de carte, avec des thèmes généraux : rural, tourisme, urbain etc. Chaque titre de carte est lié à une ou plusieurs références de manuels de commentaire de cartes (Tiano, Tiffou, Défossé, Janin etc.). Cette liste est complétée à chaque parution d'un nouveau manuel.

      Cette liste est commentée et illustrée dans un article du Journal de la Carto.

      De nombreuses cartes sont commentées en ligne sur le site de J.M. Dauriac : Dans la marge.

      Le site fournit également un moteur de recherche permettant de rechercher sur des éléments topographiques plus précis : relief, openfield, lotissement, vignoble, paysage industriel, littoral touristique, falaise etc... Le titre est souvent associé à une illustration (copie d'écran de la carte sur Géoportail, parfois photographie aérienne). Cette base de données est complétée régulièrement.



      Programme des Geodatadays 2018

      DÉCOUVREZ LE PROGRAMME DES GEODATADAYS 2018
      3 et 4 juillet 2018, aux Docks du Havre
      www.geodatadays.fr
      #geodatadays

      En avant-première :
      Restitution de la mission parlementaire sur les données souveraines par Mme Valéria FAURE-MUNTIAN, députée de la 3e circonscription de la Loire Des débats stratégiques...
      • Biens communs, données souveraines : demain, quel paysage pour l’information géographique en France ?
      • Production de données décentralisée et mutualisée : l’exemple du PCRS Deux thèmes au cœur de l'actualité... 
      • Open data, innovation… comment la géomatique et les géomaticiens rendent les territoires plus intelligents 
      • L'Eau et le littoral Trois grands défis pour demain... 
      • Sécurité des données et des traitements : nouveaux enjeux, nouvelles obligations 
      • Intelligence artificielle, deep et machine learning, big data… comment les sciences géographiques se transforment ? 
      • L’Internet des Objets, les véhicules autonomes : nouvelle frontière ou nouvelle opportunité ? Trois ateliers pratiques... 
      • L’occupation du sol en questions 
      • Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le PCRS sans jamais oser le demander
      • L’accompagnement des communes : l’exemple de l’adresse et des documents d’urbanisme 

      Un festival de Géo-innovations... pour faire connaître et tester de nouveaux concepts, idées, produits... Vous avez un projet innovant à présenter ? Cliquez ici ! Des animations pour favoriser le networking...


      Les 30 ans de la revue M@ppemonde

      Image Mappemonde

      Pour marquer les 30 ans de la revue, Mappemonde organise un séminaire le 18 juin à partir de 14H00 (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, Centre Panthéon, salle 1).

      La participation est ouverte à tous et gratuite, mais l’inscription est obligatoire, merci de bien vouloir vous inscrire sur le site de la journée : http://mappemonde30ans.sciencesconf.org/

      Cet évènement permettra de faire le point sur l’évolution de la revue depuis son origine et d’en discuter avec les personnes qui ont compté dans son histoire ainsi qu’avec ses lecteurs, autour de deux questions centrales :
      • Les évolutions de l’image géographique
      • Les enjeux de la publication scientifique, passés et à venir

      Programme :


      14H-14H30
      Avant-propos par le fondateur de la revue, R. Brunet

      14H30-15H
      D. Eckert et L. Grasland. La fabrication de la revue. Qui fait tourner Mappemonde ? Les cartographes et secrétaires de rédaction. Le comité de rédaction. Évolution de la maquette et des contenus (rubriques, prix de thèse, etc. Du papier à revue en ligne).

      15H-15H15
      L. Jégou, M. Noucher, O. Pissoat et G. Le Campion. Analyse des mots clefs et thématiques des résumés depuis 30 ans.

      15H15-16H30
      C. Didelon & H. Théry. L’évolution de l’image et de la production d’image en géographie depuis 30 ans, sur la base d’images extraites de la revue. Les outils, mais aussi les normes scientifiques et esthétiques

      16H30-16H45
      Questions / Discussion

      16H45-18H15
      Table ronde « revues » : les évolutions de la publication scientifique, particulièrement en géographie, depuis 30 ans.

      18H15-18H30
      Discours de clôture : Didier Josselin : Les enjeux de la publication scientifique pour les 10 prochaines années.



      Le rythme cardiaque de la ville : Manhattan heure par heure

      Cette géovisualisation dynamique indique les lieux fréquentés par la population de Manhattan aux différentes heures de la journée. Elle a été produite à partir des outils MapBoxGL et D3. Elle est accessible sur le site Manpopex.us. C'est une modélisation spatiale de la population représentée bloc par bloc, au cours d'une semaine à la fin du printemps. Les barres verticales s'élèvent en fonction de la fréquentation, donnant à voir le rythme cardiaque de la ville et l'animation différenciée de ses quartiers.

      Ces estimations sont le résultat d'une combinaison de données issues du recensement américain et d'une distribution géographique des entrées et sorties nettes, calculées à partir des stations de métro. Les données ont été normalisées pour correspondre aux estimations de la population diurne et nocturne fournies par l'étude de M. L. Mossand & C. Qing (The Dynamic Population of Manhattan, 2012).

      Les pulsations urbaines de Manhattan heure par heure et jour par jour

      C'est un peu le pouls de la ville que l'on a l'impression de voir battre, certains auteurs n'hésitant pas à parler de "pulsations urbaines". Mais il y a à s'interroger sur l'usage de la dimension z qui donne à voir une vision spectaculaire comme sur une carte 3D en relief. Quid du dégradé de couleurs qui vient ici en doublon ? La granularité choisie est celle du bloc et non celle de chaque immeuble, contrairement à ce que laisseraient penser ces grandes barres verticales que l'on pourrait assimiler de prime abord à des gratte-ciels. Les données qui ont été mobilisées sont celles de la Metropolitan Transportation Authority (MTA), l'entreprise en charge de la gestion des transports publics dans l'agglomération de New York. L'auteur dit avoir repris les entrées et les sorties nettes pour chaque station de métro à partir des fichiers de tourniquets du MTA, et les avoir dispersées dans les blocs les plus proches de chaque station selon un mode plus ou moins régulier. Tous les navetteurs n'empruntent cependant pas le métro pour venir travailler à Manhattan. L'intégration de données issues d'autres transports en commun aurait sans doute permis de meilleures estimations dans les secteurs de la ville où interviennent d'autres moyens de transport (tel AMTRAK pour le transport ferroviaire, NJTransit ou encore le PATH pour la population venant du New Jersey). Malgré ces biais, le résultat est assez saisissant et réaliste.

      L'application propose 3 onglets :
      • Story : pour suivre les explications données en fonction d'heures précises déjà sélectionnées par l'application ;
      • Visualization : pour visualiser librement les données en 3D (barres verticales proportionnelles au phénomène) en choisissant la date et l'horaire que l'on souhaite, avec l'option très intéressante de pouvoir afficher tel ou tel quartier ;
      • Statistics : pour visualiser les données en 2D bloc par bloc (vue de dessus avec dégradé de couleurs), avec la possibilité d'afficher une courbe et des données statistiques.
      En plus d'être le comté le plus dense des États-Unis, Manhattan prétend également avoir le ratio le plus élevé de population entre le jour et la nuit, à comparer de n'importe quel autre lieu des Etats-Unis (soit un rapport de 1 à 2). Alors que, selon le recensement américain de 2010, la population de Manhattan serait de 1.6 millions d'habitants, l'étude de M. L. Mossand & C. Qing, estime que la population réelle est probablement d'environ 2 millions de personnes pendant la nuit, et que ce chiffre pourrait même s'élever à près de 4 millions de personnes pendant la journée de travail. Pour avoir un niveau de comparaison, on peut dire que Manhattan à elle seule se voit ajouter et retrancher chaque jour ouvrable l'équivalent de la population d'une ville comme Houston !


      La cité qui ne dort jamais
       Manhattan à 3h du matin un mercredi (source : Manhattan Population Explorer)



      L'animation de la City en pleine journée
      Manhattan à 14h de l'après midi un mercredi (au maximum de son activité)
      (source : Manhattan Population Explorer)


      Bien que la population de Manhattan dans son ensemble fluctue considérablement tout au long de la semaine, c'est le mercredi qui est le plus fréquenté et le vendredi le moins. Le samedi est un peu plus "mort" que le dimanche. Ce sont les zones d'immeubles de bureaux qui "pulsent" le plus à comparer des zones résidentielles qui restent plus constantes. Une fracture assez nette apparaît entre Uptown et Downtown, en fonction des quartiers qui sont importateurs ou bien exportateurs au cours de la journée. En gros, la partie au nord de Central Park se comporte à peu près comme les arrondissements extérieurs en ce qu'elle est exportatrice de jour, avec une diminution estimée de la population d'environ 20%. À l'inverse, la partie au sud de Central Park est importatrice de jour, ce qui augmente sa population totale de plus de 3 fois par rapport aux résultats du recensement réalisé par le Census.gov.

      Si Manhattan ne dort jamais complètement, la presqu'île fait une pause le week-end, surtout le dimanche qui correspond à un creux dans la fréquentation. Certains quartiers comme Lower East Side présentent des spécificités intéressantes avec des pics de fréquentation, liés à la présence importante de commerces ouverts jour et nuit dans Chinatown ou à Soho.

       La fréquentation par quartier : exemple de Lower East Side
      (source : Manhattan Population Explorer)

      L'interprétation de ce type de carte n'est pas évidente si l'on veut entrer dans le détail de l'analyse. Cette animation a donné lieu à de nombreux échanges sur le forum du site Data is beautiful (Reddit). Des habitants ou des touristes s'interrogent pour savoir quelles sont les raisons pour lesquelles tel lieu est très fréquenté à tel moment de la journée.

      Parmi les observations que l'on peut relever pêle-mêle dans ce forum, en voici certaines qui donnent des indices intéressants pour explorer la carte :
      - le centre financier de la City apparaît nettement, en particulier au niveau du World Financial Center ou du Rockefeller Park, mais aussi du One World Trade Center, qui est à la fois touristique et commercial. Ces immeubles se remplissent la journée et se vident le soir.
      - Chinatown gonfle en fonction de l'activité commerciale de la journée.
      - Times Square est la seule grande pointe dans Midtown
      - Un énorme bloc rouge à côté du C de Central Park (à l'ouest du parc) est l’American Museum of Natural History (AMNH)
      - Le Langone hospital est sans doute la barre rouge qui s'active 24h sur 24 et 7 jours sur 7. Ce grand centre hospitalier offre de nombreux types de services médicaux. Les autres hôpitaux de New York constituent aussi des centres attractifs jour et nuit.
      - Il y a beaucoup de bâtiments résidentiels près de Battery Park (sorte de ville nouvelle résidentielle avec des commerces à l'extrémité sud-ouest de Manhattan)
      - Les quais d'expédition de Manhattan ne constituent plus vraiment une zone attractive. L'activité portuaire s'est déplacée vers le New Jersey avec l'avènement de la conteneurisation. Le New Jersey a également de meilleures liaisons ferroviaires, et de meilleures liaisons routières vers le reste du pays. Seuls restent les ferries et les excursions vers la Statue de la Liberté, ainsi qu'un peu de yachting occasionnel.


      Références :

      Site à consulter : Manhattan Population Explorer : http://manpopex.us/

      La vidéo seule : http://www.youtube.com/watch?v=zP8emcF3k5Q

      Mitchell L. Mossand & Carson Qing. The Dynamic Population of Manhattan, Rudin Center for Transportation Policy and Management, Wagner School of Public Service, New York University March, 2012 : http://wagner.nyu.edu/files/rudincenter/dynamic_pop_manhattan.pdf


      Population estimée en fonction de la semaine et des catégories de population 
      (visiteurs, travailleurs navetteurs, résidents, autres)
       


      Ratio de population entre le jour et la nuit par districts à New York