La cartographie du monde musulman et ses nombreux "map fails"


Ce billet trouve son origine dans une carte publiée le 30 août 2017 par le journal La Croix : D'où viennent les pèlerins de la Mecque ? Nous reproduisons la carte ci-dessous de manière à pouvoir en donner une lecture critique et surtout pour élargir la réflexion aux problèmes posés par la représentation cartographique des pratiques religieuses. 

On ne compte plus le nombre d'infographies dans les journaux qui utilisent des outils de cartographie numérique sans véritablement maîtriser la sémiologie graphique. Le problème est si courant qu'il alimente une collection de "perles cartographiques" consultables sur Twitter avec le hashtag #mapfail. A l'origine, le terme de "fail" signifie, en langage technique, une erreur de code, une panne informatique pouvant avoir des conséquences préjudiciables. Par extension un "map fail" désigne toutes formes d'oubli, d'erreur ou d'approximation, en général involontaires mais pas obligatoirement, qui détournent le message de la carte. Ces cartes défectueuses ne sont pas propres au Géoweb, mais l'explosion du nombre de cartes sur Internet a rendu le problème particulièrement visible. Au départ les "map fails" étaient plutôt le fait d'infographies produites par des outils de traitement d'image non dédiés à la cartographie. Désormais il n'est pas rare de voir des cartes produites par des outils dédiés à la cartographie statistique comportant une sémiologie fautive ou pour le moins approximative. Cela dépend principalement du concepteur de la carte qui n'est pas forcément formé aux règles de la cartographie. Quand on consulte le Géoweb, nombreuses sont les cartes thématiques qui expriment des valeurs absolues sous forme de carte choroplèthe. Tel est le cas de cette carte qui représente le nombre de pèlerins par pays d'origine avec des dégradés de couleurs, du vert clair au vert foncé :

Source : "D'où viennent les pèlerins de la Mecque ?" Journal La Croix, 30 août 2017


Il est assez aisé de conduire une lecture critique de cette carte. Par exemple la Russie et la France envoient à peu près le même nombre de pèlerins à la Mecque (respectivement 20 500 et 22 000 en 2017). Elles sont toutes deux représentées en vert moyen. L'effet visuel n'est pourtant absolument pas le même, étant donné leur différence de superficie (cf énorme tâche verte pour la Russie). En Asie, la Chine et la Thaïlande (13 000 pèlerins dans les deux cas) n'ont également pas du tout la même taille. Il aurait donc mieux valu une cartographie par figurés ponctuels de manière à s'abstraire de la surface des pays. C'est ce que propose la carte suivante réalisée par Radio France, qui indique le nombre de musulmans par pays en figurés ponctuels et en sous-couche leur proportion en pourcentage par rapport à la population de chaque pays en dégradé de couleurs. La même plateforme de webmapping Carto a été mobilisée, mais avec des choix graphiques assez différents de la part du concepteur :

Source : "Le monde de l'Islam. Où vivent les musulmans ?" France culture, 10/12/2015


Bien que plus juste sur le plan sémiologique, cette deuxième carte n'est pas exempte de défauts. Par exemple, la légende ne permet pas de connaître les seuils qui ont servi à déterminer la taille des cercles et le dégradé des couleurs. La dominante de vert (couleur symbolique de l'Islam), et surtout de vert foncé, donne à penser que les musulmans vivent en majorité en Afrique du nord et au Proche-Orient, alors que leur poids numérique est plus important en Asie. Une carte par figurés ponctuels avec la part des musulmans à l'intérieur même des cercles aurait sans nul doute été plus efficace, comme le propose par exemple cette carte de la Cornell University Library. Sur une estimation de 1,6 milliards de musulmans dans le monde en 2010, 62 % d’entre eux vivent en Asie du Sud (Inde et Pakistan principalement) et en Asie du Sud-Est (surtout en Indonésie), sans compter les ex-républiques soviétiques "musulmanes" d'Asie centrale. Une carte par grandes régions continentales serait ainsi plus utile. Ce qui nous semble intéressant dans la comparaison de ces deux cartes n'est pas seulement la différence de figuration cartographique, mais également le choix des sources statistiques.

Dans la première carte, ce n'est pas le nombre réel de pèlerins à la Mecque qui est représenté mais plutôt les quotas établis par pays. La lecture de l'article du quotidien La Croix revient très largement sur cette question des quotas, quand bien même le titre de la carte demeure ambigu : on pourrait croire qu'il s'agit du nombre réel de pèlerins qui ont effectivement pris le chemin de la Mecque en 2017. Ce problème des quotas originels rétablis en 2017, après cinq années de réduction par l'Arabie saoudite, constitue une information importante pour appréhender le sens des statistiques qui sont représentées sur la carte. Victimes de leur succès si l'on peut dire, les lieux saints de l'Islam doivent faire face chaque année à un afflux massif de pèlerins (plus de 2 millions par an). Pour éviter les accidents (mouvements de foule) et renforcer la sécurité sanitaire (fort risque d'épidémie notamment de choléra), le royaume saoudien a été obligé de moderniser ses infrastructures d'accueil ; d'où la mise en place de quotas à partir de 2013, le temps d'effectuer les travaux nécessaires (baisse de 20% du nombre de visas par pays et de 50% pour les Saoudiens qui entendent donner l'exemple, même s'ils bénéficient d'un des quotas les plus élevés avec 200 000 pèlerins).

De fait la carte n'est pas celle de la fréquentation réelle de la Mecque, mais celle des limitations imposées aux pèlerins en fonction de leur pays d'origine. C'est à l'Asie assez logiquement que sont attribués les plus gros contingents de pèlerins, notamment l’Indonésie (221 000 pèlerins autorisés), le Pakistan (180 000), l’Inde (170 000) et le Bangladesh (127 000). Un cas intéressant : le Nigéria, qui constitue la plus importante délégation d’Afrique subsaharienne (95 000 participants), n'a en réalité envoyé que 79 000 participants en 2017 du fait que sa population, assez pauvre à comparer d'autres pays musulmans, n'a pas forcément les moyens financiers de prendre en charge un pèlerinage. En principe, les Saoudiens établissent un quota officiel de 1000 visas par million de croyants. Ce mode de calcul est celui appliqué aux pays à majorité musulmane. Mais les Européens, comme les habitants du pays du Golfe, sont hors quotas. Certains pays sont également soit rédimés, soit carrément interdits officiellement de participation au pèlerinage. Il faut rappeler en effet que le pèlerinage à la Mecque s'inscrit dans des conditions géopolitiques complexes : crise diplomatique avec le Qatar qui accuse notamment l'Arabie saoudite de mal accueillir ses ressortissants, différend avec le Yémen dont les pèlerins sont très surveillés en raison des mauvaises conditions sanitaires du pays et de la guerre qui l'oppose à l'Arabie, interdiction pour la Syrie d'envoyer des pèlerins en raison de la guerre et des positions politico-religieuses de Bachar-el-Assad. L'Iran, grand pays rival de l'Arabie saoudite, s'est vu cependant  réintégré en 2017. Il faut dire que le tourisme religieux constitue une manne pour le pays (une nouvelle rente pour l'après pétrole ?). L'Arabe saoudite accueille 8 millions de touristes, essentiellement dans le cadre de ce pèlerinage. L'activité touristique représente 3,3 % du PIB et emploie directement 603 500 personnes en 2017. Alors que l'Arabie saoudite limitait l'afflux des pèlerins et avait sanctuarisé une grande partie de son territoire, elle envisage désormais de s'ouvrir à tous les pays et même de créer des stations touristiques balnéaires ainsi que des parcs d'attraction : une première historique dans ce royaume ultra-conservateur. 

Source : "Hajj 2017 : combien de pèlerins par pays vont à La Mecque ?
Voici la carte mondiale des quotas". Saphir News 21 août 2017


Le quotidien d'actualité musulman Safir News propose une infographie différente du journal La Croix. Le titre mentionne explicitement qu'il s'agit de la carte des quotas et non du nombre de pèlerins en 2017. Pour autant l'infographie proposée à la suite de cette carte pose problème dans la mesure où elle superpose un histogramme indiquant "le top 10 mondial" des pays (hors Arabie saoudite) en reprenant le code couleur (du jaune au rouge). Difficile de s'y retrouver dans ce classement par ordre décroissant indiquant en même temps les classes de pays par dégradé de couleurs de la carte au-dessus.

S'agissant du décompte des musulmans dans le monde, la source que l'on retrouve le plus souvent dans les cartes disponibles sur Internet est celle du Pew Research Center. Ce centre de recherche américain, qui se présente comme un fact tank non partisan, a pour but d'informer le public sur les problèmes, les attitudes et les tendances qui façonnent le monde. Il mène des sondages d'opinion publique, des recherches démographiques, des analyses de contenu médiatique et d'autres recherches empiriques en sciences sociales. Dans une étude publiée en 2015 (à partir de chiffres de 2010), il affirme s'être appuyé sur une série d’enquêtes, de recensements, de registres de population et d’autres sources de données pour estimer le nombre de musulmans et d’autres groupes religieux à travers le monde, l’objectif étant de compter tous les groupes et les personnes s’identifiant à une religion particulière. De fait, le Pew Research Center (PEW) fait office de référence dans le domaine des statistiques démographiques religieuses mondiales, sans que l'on sache très bien l'origine et la nature des sources composites qu'il utilise (voir la critique de Slate). Une de ses études récentes (29 novembre 2017) aborde par exemple la croissance du nombre de musulmans en Europe. Son étude de 2015 avait déjà pour but d'estimer la population musulmane en 2050.

La question implicite dans cette cartographie, non dépourvue d'arrière-plan idéologique, semble de savoir à quel moment l'Islam deviendra la religion majoritaire dans le monde. De nombreux organes de presse (voir par exemple Slate) ont repris l'estimation du PEW selon laquelle, en 2050, le nombre de musulmans (2,9 milliards) devrait dépasser le nombre de chrétiens (autour de 2,8 milliards). Le site Wikipédia reprend également les statistiques du PEW à son compte, non sans rappeler des précautions importantes formulées d'ailleurs par le Pew Research Center lui-même : les pourcentages indiqués ne témoignent ni de la pratique régulière (la « ritualité »), ni de la foi individuelle (la « religiosité ») des personnes se déclarant musulmanes, mais plutôt de leur attachement à l'Islam en tant que composante culturelle et historique de leur identité.

Pour finir, nous voudrions élargir la réflexion aux problèmes d'approche quantitative des pratiques religieuses. C'est une question récurrente soulevée par de nombreux auteurs (voir références plus bas). Virginie Raisson (laboratoire Lépac) n'hésite pas à parler de liaisons dangereuses entre cartographie et religions. Dans une intervention au FIG 2002, elle fait part des nombreux obstacles qu'elle a pu rencontrer lorsqu'elle a voulu élaborer des cartes du fait religieux dans le monde pour l'émission Le dessous des cartes (RAISSON, 2002). Elle montre en particulier à quel point il est vain de vouloir représenter le poids d'une religion par pays ; il conviendrait davantage de raisonner à l'échelle des régions habitées. L'auteure fait remarquer très justement que l'aire islamique est la seule qui, dans sa plus grande partie, se superpose géographiquement aux autres grandes aires religieuses. La cartographie a tendance à réifier et à essentialiser les phénomènes socio-religieux, ce que l'on retrouve souvent d'ailleurs dans les Atlas des religions qui tentent de délimiter des aires religieuses. Franck Têtart tente par exemple d'y ajouter des dynamiques pour montrer que cette cartographie n'est pas figée :

Source : TETART Frank (2015). "La répartition des religions dans le monde".
Atlas des religions. Edition Autrement (extrait en ligne)


Nous ne reviendrons pas ici sur les débats autour de la carte de Huntington, "Le monde à l'époque du choc des civilisations" qui a suscité beaucoup de controverses. C'est un cas exemplaire de manipulation réduisant les "civilisations" à leur essence religieuse et culturelle. Dans la conclusion de son intervention au FIG 2002, Virginie Raisson émet l'idée que l'analyse des cartes de répartition des religions est une bonne occasion d'éduquer aux enjeux de la cartographie  : "Autant d'éléments qui plaident donc en faveur de l'enseignement de la cartographie en milieu scolaire pour apprendre à déchiffrer les cartes et leur langage". Magali Hardouin aborde à son tour la question en évoquant les questionnements des enseignants confrontés à l'enseignement du fait religieux :

"Le fait religieux se prête fort peu à la quantification. Où prendre les données ? Les chiffres représentent des enjeux de pouvoir mis au service du prosélytisme, de la défense ou de l’oppression d’une minorité, voire de l’obtention de subsides. Celles qui sont issues d’organisations religieuses sont souvent peu fiables. Les estimations présentent des distorsions graves. De nombreux biais faussent les résultats. Se pose également le niveau d’appartenance religieuse. Est-ce que l’on s’intéresse à la croyance qui se trouve dans le secret des consciences ? S’intéresse-t-on à la pratique régulière ou occasionnelle ? Qui comptabiliser ? Un certificat de baptême catholique vaut-il certificat de catholicité ? Comment représenter sur une carte les minorités religieuses ? Se pose également le problème de l’échelle de la carte. A petite échelle, les cartes font disparaître les religions coutumières locales pour ne représenter que les grandes tendances. Pourtant, les religions coutumières locales, même si elles ne sont plus majoritaires dans aucun pays, conservent des adeptes" (HARDOUIN, 2007). Pour l'auteure, il convient d'interroger la construction de ces cartes de pratiques religieuses et de les confronter à d'autres sources.

D'autres auteurs comme par exemple (DAVIE, 2008) en viennent à l'idée que le phénomène religieux n'est pas cartographiable, qu'il est l'objet de trop de manipulations et de finalités géopolitiques inavouées, surtout dans des pays ou des régions où les communautés religieuses sont très mêlées comme au Liban par exemple : "Ces cartes ne seraient que des abstractions inutilisables au plan local, mais les seules clés compréhensibles par les Occidentaux, qui les ont d’ailleurs placées sur un support de leur invention, Internet. Identifier des groupes ethniques ou religieux, les décrire et les localiser, les cerner dans un espace précis puis les cartographier, renvoie à une pratique géographique nécessaire pour des actions politiques ou militaires futures". 

Internet participe à cette instrumentalisation de l'information par les cartes. Il convient donc plus que jamais d'en faire un objet d'éducation et de formation.


Références :

RAISSON Virginie (2002). Cartographie et religions : des liaisons dangereuses, Festival international de géographie de 2002.

DAVIE Michael F. (2008). « Internet et les enjeux de la cartographie des religions au Liban », Géographie et cultures.

HARDOUIN Magali (2007). Laïcité et faits religieux : une question encore sensible pour les enseignants ? Congrès International d’Actualité de la Recherche en Education et en Formation (AREF).

TETART Frank (2015). Atlas des religions. Passions identitaires et tensions géopolitiques. Edition Autrement

L'Atlas des religions (2015) coédité par Le Monde et La Vie


Lien ajouté le 23 décembre 2018

Ben Flanagan a entrepris de cartographier "l'identité religieuse" des populations dans le Grand Londres dans l'idée de mettre en évidence l'implantation des communautés. Il a utilisé une cartographie par densité de points pour plusieurs villes du Royaume Uni. Chacun des points colorés sur la carte représente un fidèle. Les chrétiens apparaissent en bleu, les musulmans en turquoise, les juifs en jaune, les hindous en violet, les sikhs en orange, les bouddhistes en vert et les « autres » en rouge.
http://medium.com/benflan/religious-identity-5fa97aeead94



Lien ajouté le 16 janvier 2019

La Kumbh Mela, le plus grand pèlerinage du monde, s’ouvre en Inde.
Environ 130 millions de pèlerins devraient converger vers la ville sacrée d’Allahabad pour quarante-neuf jours, du 15 janvier au 4 mars 2019. Une ville gigantesque et éphémère a été érigée pour l’occasion. Lire l'article du Monde du 15 janvier 2019.

Lien ajouté le 19 février 2019

Une carte très détaillée de la répartition des religions par sous-régions administratives. Elaborée à partir de différentes sources, cette carte repose sur la religion déclarée par les individus qui répondent aux questions lors de recensements ou d'enquêtes.
http://www.reddit.com/r/MapPorn/comments/33davy/highly_detailed_world_religion_map_oc_6000x3048/



Lien ajouté le 13 mars 2019

Un grand nombre de #mapfails et de perles cartographiques ont été rassemblées sur ce fil Twitter.



Repenser les cartes à l'ère du Web


Approches critiques et enjeux politiques, sociaux et économiques des nouvelles données territoriales.
Bordeaux, les 10 et 11 septembre 2018.
Lien  : http://cartesduweb.sciencesconf.org/

L’équipe du projet de recherche GÉOBS, en partenariat avec l’Action Prospective « Géoweb » du GdR MAGIS, organise deux journées d’étude à Bordeaux les 10 et 11 septembre 2018 afin d’engager un dialogue entre les chercheurs de différentes disciplines qui analysent l’information géographique sur le Web, de sa production à son utilisation. Dans une approche à la croisée de la géographie, de l’informatique, de l’économie, des sciences politiques, de la sociologie, des sciences de l’information et de la communication ou encore des Science and Technology Studies (STS), etc. ces journées d’étude tenteront d’initier une réflexion transversale sur les infrastructures Web qui occupent aujourd’hui une place centrale dans la mise en carte du monde. L’objectif sera alors d’envisager un possible cadre commun d’analyse afin d’engager une mise à distance des discours des promoteurs de ces plateformes, un recul critique par rapport aux données qui circulent effectivement sur Internet, une analyse fine de leurs usages et non-usages, de leurs divers impacts.

Ce faisant il s’agira de s’interroger sur l’émergence de ces nouveaux régimes de fabrique cartographique : sont-ils en continuité ou en rupture avec les régimes antérieurs, notamment la période où la cartographie fut une pratique réservée aux acteurs les plus puissants, dont l’État ? Participent-ils à une forme de reconfiguration de la gouvernance informationnelle des territoires ? Permettent-ils de révéler des formes (géo)médiatiques alternatives aux productions dominantes ?
Ces questionnements relevant d’enjeux politiques ne peuvent être envisagés sans une analyse fine de ces dispositifs sociotechniques qui soulève une série de verrous méthodologiques : comment être en capacité d’identifier les données géographiques qui circulent sur le Web et suivre leur évolution ? Comment extraire et explorer ces masses de données pour les analyser ? Comment identifier et caractériser les écosystèmes d’acteurs qui se structurent autour de ces données ? Comment caractériser les usages associés à ces contenus et leur valeur ? Comment mesurer l’impact de ces usages à différentes échelles et dans différents champs ? Comment représenter le contenu, les flux et les usages de l’information géographique circulant sur le Web de manière systémique, dynamique ?
Une des priorités de ces journées d’étude est donc d’initier une réflexion transversale pour comparer différents apports disciplinaires permettant le développement de critical data studies qui, en associant STIC et SHS, contribuent à l’enrichissement des connaissances sur ces dispositifs sociotechniques pour révéler les enjeux socio-spatiaux de leur déploiement.

Google Street View et sa couverture géographique très sélective


La couverture de Street View fait l'objet d'une carte régulièrement mise à jour par Google, en fonction des lieux et des dates. Les zones qui apparaissent en bleu sur la carte ont déjà été explorées au moins une fois par Google avec le système Street View, qui affiche les images des rues que l'on peut parcourir en 3D à l'aide du célèbre petit bonhomme jaune (Pegman). Ce petit personnage symbolisant la position de l'utilisateur se prénomme Pegman du fait de sa forme de pince à linge (clothes peg en anglais) que l'on suspend au dessus de la carte pour faire apparaître les images. Ce dernier passe du gris au jaune lorsque le service Street View est disponible.

Comme en témoigne la série de cartes ci-dessous, la couverture géographique de Street View est plutôt inégale : assez dense en Europe et en Amérique, plutôt clairsemée ailleurs, quasi absente en Afrique et en Asie centrale, globalement plus forte dans les territoires peuplés et les espaces urbanisés. Pour déterminer quand et où collecter des images de qualité, l'entreprise Google avertit sur le site qu'elle prend en compte de nombreux facteurs, aussi bien la densité de population que la météo qui est une condition indispensable pour acquérir les images. Il semble en vérité que cette sélection réponde à bien d'autres choix moins avouables ou plus intéressés.



Les "pays riches" sont davantage représentés. Cependant tous n'acceptent pas d'être couverts par le service Google Street View, à l'exemple de l'Allemagne et de l'Autriche où le service a été suspendu en 2010, suite à des démêlés avec la justice pour des questions de respect de la vie privée. Google utilise la technologie Immersive Media, qui permet de fournir une vue des rues à 360 degrés en n’importe quel point. Conscients de l'opportunité de Google Street View pour développer le tourisme, les Allemands ont demandé que les images de leurs appartements ou résidences soient néanmoins floutées. Le floutage des bâtiments a ouvert la voie à une polémique, amplifiée par l’enregistrement des données WiFi par les "Google Cars".

 


Dans les pays très vastes (comme par exemple la Russie), où il semble difficile de couvrir l'ensemble du territoire, le choix a été de suivre les voies de circulation importantes.



En Afrique du Nord (ici l'Algérie comparée à la Tunisie), ce sont seulement les villes ou les littoraux touristiques qui ont été numérisés.



A l'échelle intra-urbaine, certaines grandes villes ne bénéficient que d'une couverture partielle, à l'exemple du Caire (Egypte) dont seuls les principales artères et les quartiers les plus fréquentés sont couverts par Street View. Ces secteurs photographiés sont repérables par des points bleus isolés.



Les territoires de conflits (Syrie, Irak, Afghanistan...) ou les zones de tensions actuelles ou passées (Crimée, bande de Gaza, Kosovo...) sont peu représentés :




Dans certaines villes comme New York ou San Francisco, la caméra à 360° de la "Google car" est déjà passée une douzaine de fois, tandis que dans des zones isolées comme le Nevada les habitants ne l'ont jamais vue. Pour autant dans certains grands parcs américains, il est désormais possible de se balader dans les sentiers en pleine forêt en utilisant Street View.




Google a inauguré le lancement de Street View en France en 2008 en traçant le parcours du Tour de France. La visée commerciale et touristique n'a cessé de se renforcer depuis. La galerie d'images panoramiques proposées par Google Street View présente une série de hauts-lieux touristiques ou culturels, allant de Disneyland Floride aux installations des JO de Pyeongchang, des îles Féroé aux trésors archéologiques de l'Inde. Le cas des îles Féroé est intéressant. La mise en tourisme des ces îles aux confins de l'Europe est largement liée à l'arrivée de Google Street View qui a repris une initiative locale, le projet Sheep View. L'île de la Réunion, également isolée des grands flux touristiques au milieu de l'océan Indien, a cherché à attirer Google en favorisant un partenariat avec son office de tourisme, l'IRT. Afin de numériser les plus belles images des sentiers de La Réunion, Google a décidé d’utiliser sa dernière technologie Street View appelée Trekker.

Mais c'est encore dans les villes que la découverte est la plus impressionnante à l'instar de cette visite virtuelle de Vienne par les toits.



En utilisant Street View conjointement à Google Maps, l'application devient un outil de visite virtuelle. Voici par exemple une visite en vue panoramique du mausolée de Gol Gumpaz en Inde à travers l'interface de Google Street View. Depuis 2012, il est possible de visiter l'intérieur de bâtiments importants, de centres commerciaux, d'aéroports, de gares (shoppings and transits locations).



L'utilisateur peut naviguer sur la carte (vue surplombante) et en même temps dans le paysage (vue immersive). Le passage de la vue du dessus en 2D à la vue du dedans en 3D tend à brouiller nos repères à tel point que l'on est souvent conduit à quitter Street View pour revenir à la carte traditionnelle. L'outil ne fait pas que brouiller nos représentations spatiales, il est de nature aussi à nous donner une vision du monde qui est loin d'être neutre.

Le monde vu par Pegman : comment Street View nous donne une vision du monde très sélective



L'Eufrasie forme une vaste zone de l'Afrique à l'Asie beaucoup moins bien couverte. La Chine a refusé Google Maps et a fortiori Street View qui est encore plus intrusif. Elle a imposé son propre service cartographique Baidu Maps. En Inde, Street View est toléré seulement pour représenter les grands monuments. Le reste du territoire lui est interdit pour des raisons de sécurité nationale. Tout ce qui touche à la cartographie en ligne est particulièrement sensible en Inde, en raison notamment des tensions avec son voisin le Pakistan.



En Israël la cartographie est encore plus sélective. Un rapport "Ségrégation cartographique : Google Maps et les droits de l'homme des Palestiniens", publié le 18 septembre 2018, dénonce la façon dont Google Maps cartographie les territoires palestiniens occupés. Dans Google Street View, la plus grande partie d’Israël est visible tandis que dans les territoires occupés notamment à Gaza, seuls quelques lieux sont signalés par des photos. Les points de contrôle ne figurent pas non plus sur Google Maps, donnant une image assez peu représentative des difficultés réelles de circulation dans ces territoires.


En Cisjordanie, les seuls endroits disponibles dans Street View sont les colonies israéliennes, à l'exception des villes palestiniennes de Jéricho, Bethléem et Ramallah. À Jérusalem, la plupart des quartiers palestiniens sont laissés de côté alors que la vieille ville de Jérusalem-Est, annexée illégalement, est disponible. D’après l’ONG 7amleh, l’application de géolocalisation du géant Google « n'inclut pas le terme de recherche ''Palestine'' et assez peu les noms des zones palestiniennes non reconnues par Israël, alors qu'elle inclut les noms et les territoires des colonies israéliennes illégales".



Dans cette vue partielle et déformée du monde, tout n'est pas négatif. Des chercheurs ont commencé à s'intéresser aux possibilités offertes par Google Street View pour appréhender les espaces et les paysages urbains, la place et l'impact visuel de la trame verte, les mobilités urbaines ou encore l'évolution future de la ville. L'outil n'a pas été fait pour la recherche, il ne se substitue pas aux collectes de données. Mais du moins permet-il, par la masse et la qualité des photographies enregistrées sur une assez longue période, de conduire des analyses intéressantes. Des applicatifs ont été développés à partir des images Google Street View, tel par exemple Everyscape. D'autres outils équivalents sont également mobilisés comme Bing Streetside de Microsoft ou encore Mappilary, une plateforme alimentée par crowdsourcing, capable de fournir des images au niveau des rues.

Personnes visibles sur les images de Google Street View en 2007 et en 2016 à La Nouvelle Orléans
 


Bicyclettes visibles sur les images de Google Street View en 2007 et en 2016 à La Nouvelle Orléans


 Source : Richard Campanella, People-Mapping Through Google Street View. A New Orleans Experiment, novembre 2017


Depuis 2014, Street View intègre un bouton "retour vers le passé" qui permet d'afficher les photographies prises auparavant. La fonction est intéressante, surtout dans les territoires où il y a eu plusieurs passages de la "Google Car". Cliquer sur l'icône en forme d'horloge, qui apparaît en haut à gauche lorsque d'anciennes images sont disponibles. Un curseur temporel apparaît, proposant notamment de voir l'évolution d'un lieu en fonction des saisons ou des chantiers qui s'y sont déroulés. Cette vidéo réalisée par le journal Le Point témoigne de transformations rapides dans le paysage urbain.



Des outils de reconnaissance automatique issus de l'intelligence artificielle permettent désormais de traiter de gros volumes de données et de distinguer les espaces où le paysage s'est transformé.

Transformation du paysage urbain à Washington à travers la comparaison des façades de bâtiments dans Google Street View


Source : Michael Blanding, Researchers Use Google Street View to See the Future of Cities, MIT Media Lab. 


En février 2017, des chercheurs de l’Université Stanford sont parvenus à estimer le revenu moyen, la race et la tendance politique des résidents de certaines villes américaines en se servant d’un système intelligent qui analysait des images captées pour Google Street View. Interrogé à ce sujet, Google s’est contenté d’indiquer qu’il tentait constamment de trouver de nouvelles façons d'utiliser ses données pour améliorer tous ses services, non seulement ceux de Google Maps.

Si vous souhaitez échapper à Google Street View, nous vous recommandons la lecture de l'article de Thierry Joliveau sur le blog Monde Géonumérique : Echapper à Google Street View ou les affres de la mobiquité.

En complément de ce billet, il est possible de télécharger la couverture de Street View dans un SIG (QGIS ou autre). Voici un tutoriel qui explique la démarche à suivre.

L'adresse à saisir pour ajouter la couche à partir d'Internet est la suivante : https://mts2.google.com/mapslt?lyrs=svv&x=%7Bx%7D&y=%7By%7D&z=%7Bz%7D&w=256&h=256&hl=en&style=40,18

Une fois ajoutée dans QGIS, la couche peut être exportée en geoTiff et être intégrée à un jeu de données SIG. Voici un aperçu.


En fonction du degré de zoom, la couverture diffère sensiblement. Ce qui semblait constituer de loin une couverture homogène apparaît en réalité comme un monde en "gruyère". Contrairement à ce que l'on pourrait penser, Google Street View est loin d'offrir un doublon numérique de la Terre. Dans l'exemple ci-dessous, ce sont uniquement les rues principales de Jérusalem qui ont été numérisées sans doute par volonté de s'en tenir aux lieux urbains touristiques et en raison également des enjeux politiques autour de cette ville.



Liens ajoutés le 25 février 2019

Google Maps : des frontières à la carte pour ne froisser personne (2017)
Une séance pédagogique proposée sur L-A Story, le blog histoire-géographie du lycée Louis Armand d'Eaubonne.
http://la-story.over-blog.com/

Google Maps, des frontières à la carte (2017)
http://www.mbadmb.com/2017/02/01/google-maps-adapte-ses-cartes/ 

Google Maps ou les frontières à la carte (2016)
http://geoconfluences.ens-lyon.fr/actualites/veille/liens/google-maps-ou-les-frontieres-a-la-carte

Les frontières dans Google Maps, un enjeu géopolitique (avril 2011)
http://eductice.ens-lyon.fr/EducTice/

Voyons-nous le monde de la même façon dans Apple Maps et dans Google Maps ? (en anglais)
http://www.justinobeirne.com/cartography-comparison

StreetSide (Bing Maps) fournit un service équivalent à StreetView, mais sa couverture est un peu moins large.
http://www.bing.com/maps

OpenStreetMap a commencé à mettre en place OpenStreetCam, mais le service n'atteint pas la qualité de StreetView (Google Maps) et de StreetSide (Bing Maps). Depuis juin 2018, Bing Maps a accepté de mettre à disposition son API dans l'éditeur d'OpenStreetMap. http://openstreetcam.org/


Lien ajouté le 26 février 2019

Utiliser Street view  pour étudier les shrinking cities (signalé sur Google Mania)

Une maison sur trois à Detroit a été saisie par la justice ces 15 dernières années. Ces maisons abandonnées sont très visibles lorsqu'on explore la ville avec Google Maps et son outil de visite virtuelle, Street View (cf nombreuses vues paysagères à consulter sur le compte Twitter Detroit Street View)



Le site GooBing Detroit utilise la fonction de stockage d'images de Street View qui permet de suivre l'évolution de la ville de Détroit au fil des ans. En juxtaposant des images Street View sur un même lieu à différentes dates, on se rend compte de l'ampleur des changements. Les vues historiques des rues enregistrées sur GooBing Detroit sont accessibles dans Google Maps. Si vous ouvrez un panorama Street View sur Google Maps, une petite icône représentant une horloge située dans le coin supérieur gauche de la scène vous permet d'accéder à l'historique de Street View. Si vous cliquez sur l'icône, un calendrier s'ouvre pour vous permettre de visualiser les images Street View disponibles par année. 

En 2014, le New York Times a utilisé également Street View pour mettre en évidence les propriétés de Detroit saisies par la justice . Le quotidien a créé un montage photographique qui rend compte des 43 634 propriétés de Detroit frappées de mesures de saisie en 2014. Le nombre de saisies immobilières dans la ville a diminué pour la troisième année consécutive en 2018.


Lien ajouté le 6 mars 2019

Street View explore davantage l'Afrique. Sept pays du continent africain sont désormais recensés sur le service de navigation virtuelle de la firme de Mountain View, offrant la possibilité de voyager sans se déplacer. Google vient d'ajouter l'Ouganda, le Ghana et le Sénégal. Google a d'abord démarré l'exploration de quelques villes sud-africaines, pour remonter ensuite vers le Botswana, le Kenya et la Tanzanie. Malgré tout le continent africain reste le parent pauvre sur Street View.
http://www.leparisien.fr/laparisienne/voyages/


Lien ajouté le 17 mars 2019

Malgré les efforts d'une importante communauté qui s'efforce de combler les lacunes, OpenStreetMap comporte encore une couverture géographique inégale. Voici l'état de la couverture établi par Pascal Neil au 8 mars 2019.


Article connexe :

La navigation en réalité augmentée arrive sur Google Maps



Géoportail : découvrez la photographie aérienne infrarouge


Pour connaitre le peuplement forestier, c'est sur le Géoportail qu'il faut aller et dans l'infrarouge qu'il faut s'immerger. Au mois de mars 2018, seuls 64 départements sont pour l'instant visualisables.

Explications très pédagogiques sur cette page du Géoportail.

Accès direct à la carte forestière

 
 Mise en évidence de coupes forestières (en vert)


 Photographie aérienne IRC sur le département du Bas-Rhin


Le printemps des cartes - 26 au 29 avril 2018 à Montmorillon (86)

 
L’équipe du festival "Le Printemps des cartes" a le plaisir de vous convier à sa première édition.
L'événement se tiendra du 26 au 29 avril 2018 dans la ville de Montmorillon (86). 
Consulter le programmes des ateliers, conférences et animations

Regarder, découvrir, comprendre, apprendre, s’amuser sont quelques uns des mots pour définir cette première édition du Printemps des cartes.
Quelles que soient les régions cartographiées, les thématiques abordées ou les disciplines mobilisées, les cartes seront au coeur des événements qui rythmeront ces journées.
Des cartes routières aux cartes thématiques, de la carte comme objet artistique à la carte comme outil d’analyse, le Printemps des cartes veut faire voir et rendre accessible la carte à tous. 
Ce festival citoyen et populaire a pour ambition de créer un espace de rencontre et de discussion autour des cartes.

Venez partager avec nous votre intérêt pour la carte autours d’ateliers, de conférences, d’animations grand public, de débats cartographiques et de dégustations géo-gastronomiques !

Au plaisir de vous y retrouver, 
L'équipe du Festival

La mode serait-elle au multiviewer cartographique ?


Voici des visualisateurs cartographiques repérés sur Internet qui permettent de conduire des comparaisons intéressantes grâce à leur affichage en 3 fenêtres synchronisées : un zoom sur la carte permet de zoomer automatiquement sur les deux autres cartes à côté qui s'affichent à la même échelle. C'est très efficace pour comparer des grandes métropoles, leur emprise spatiale, leur étalement, leur occupation du sol... ou encore pour comparer des séries temporelles d'images satellitaires pour un même lieu observé à différentes époques. Les deux applications présentées ci-dessous sont fondées sur l'utilisation de la multi visionneuse d'ESRI.

Urban Observatory

Comparaison de la densité de population entre New York, Londres et Tokyo

Réseaux d'autoroutes dans 3 capitales européennes : Londres, Berlin et Paris

L'Observatoire urbain est une exposition interactive mise à disposition également sur Internet sous forme d'application de webmapping.  Elle permet de comparer plus de 50 grandes villes du monde à travers un visualisateur à triple fenêtrage (à terme il devrait y avoir plus de 100 métropoles disponibles).
L'idée de cette application revient à Richard Saul Wurman (le créateur des conférences TED, par ailleurs architecte et graphiste). Dès 1962, Wurman publiait  un livre présentant les modèles de 50 villes du monde à la même échelle. Mais aujourd'hui, comme l'affirme l'auteur : "Vous ne pouvez pas regarder São Paulo à côté de Shanghai sur Google Maps. Vous ne pouvez pas obtenir de modèles comparatifs". L'affirmation serait à nuancer, car un outil comme Mapfrappe par exemple permet aujourd'hui de comparer la taille des espaces à partir de Google Maps. Wurman s'est associé à Jon Kamen de Radical Media et au fondateur-président d'ESRI, Jack Dangermond, pour créer cette solution ambitieuse. Il n'a pas été facile d'intégrer les données urbaines étant donné que chaque métropole a ses méthodes d'acquisition et de traitement des données, rendant toute comparaison difficile. Pour certaines villes, les données ne sont d'ailleurs pas toutes disponibles. Le pari est cependant assez réussi. 
Les enseignants d'histoire-géographie y trouveront un réel intérêt pour traiter plusieurs thèmes des programmes de géographie, qu'il s'agisse du thème "Habiter les métropoles en classe de 6e" (fondé sur la comparaison de deux métropoles) ou "L'urbanisation dans le monde en classe de 4e", ou bien encore en classe de Première et de Terminale où la métropolisation est abordée en lien avec la mondialisation.

Pour accéder à l'application :
http://www.urbanobservatory.org/compare/index.html

Prolongements :  
L'Atlas urbain européen (données à télécharger pour les intégrer à un SIG) fournit la cartographie des grands types d’occupation du sol sur 305 agglomérations supérieures à 100 000 habitants, réparties sur l’ensemble des 28 pays de l’Union Européenne. Les données sont sur le site de l'Agence Européenne de l'Environnement.
http://www.eea.europa.eu/data-and-maps/data/urban-atlas

ESRI ChangeMatters Viewer

Etalement urbain et mitage à l'est de Montpellier à travers l'indice de végétation NDVI

 
Parcelles agricoles et paysage d'openfield en Champagne

Le visualisateur ChangeMatters proposé par ESRI permet de comparer des images satellitaires anciennes et actuelles. Il s'agit d'images Landsat proposées en infrarouge ou en "vraies couleurs" avec possibilité de choisir des séries temporelles de 1975 à nos jours. Plus de 40 ans de changements à la surface de la Terre sont observables avec cet outil. Grâce à ses trois fenêtres de visualisation, on peut comparer des séries d'images entre elles dans les deux premières fenêtres et afficher les changements dans la troisième fenêtre (notamment grâce à l'inde de végétation NDVI). Certaines images ne sont pas disponibles pour les années 1970 (les missions Landsat n'ayant commencé qu'en 1972) ou, lorsqu'elles le sont, souvent dans des résolutions inférieures.

Pour accéder à l'application :


Le Socioeconomic Data and Applications Center (SEDAC) permet, à travers une seule interface proposant 4 fenêtres de visualisation, de comparer des phénomènes très divers touchant à la répartition de la population, l'occupation du sol, l'urbanisation, l'environnement, la santé, la pauvreté, les risques,...
http://sedac.ciesin.columbia.edu/mapping/viewer/