Données SIG sur les écoles publiques en Californie


La California School Campus Database (CSCD) fournit un ensemble de données SIG concernant l'implantation des écoles publiques en Californie, de la maternelle au lycée (niveau K12). Les données sont cartographiées au niveau des parcelles et sont disponibles sur demande en remplissant un formulaire. Cette base de données complète les données publiées par le California Department of Education (CDE), qui offre uniquement les points géocodés des établissements. Les données sont également consultables en ligne à travers deux interfaces au choix ArcGIS Online service ou MapCollaborator.



Les données SIG concernent les types d'établissements, leur adresse, leur géolocalisation (données ponctuelles), leurs formes géométriques (données polygonales), leurs niveaux de classe, leurs installations. Voici par exemple une carte montrant la typologie des établissements  : l'occasion de découvrir la grande diversité des écoles en Californie depuis les écoles "traditionnelles" jusqu'aux écoles dites "spéciales" ou "alternatives".



Les données sont disponibles sous forme de géodatabases pouvant être téléchargées directement dans ArcGIS ou dans QGIS (faites glisser le dossier de la géodatabase dans la vue Carte). La géodatabase contient les centroïdes d'emplacement et les polygones des écoles, des collèges communautaires et des universités publiques.

A noter : les données statistiques complémentaires concernant notamment les effectifs sont à télécharger sur le site du California Department of Education.

Le site CSCD a souhaité mettre à disposition ces données pour un large éventail d'utilisations allant de la recherche des écoles les plus proches pour les familles jusqu'à des usages plus professionnels concernant l'aménagement et l'analyse des espaces scolaires. Il n'est pas inintéressant de voir dans quel état d'esprit ces données ont été diffusées, en référence au contexte américain où les écoles sont exposées à de nombreux risques. Dans un climat quelque peu anxiogène, la cartographie est censée fournir un outil pour mieux protéger les établissements scolaires des risques extérieurs :
  • Distance au risque :
         - Vente au détail de tabac, alcool et autres substances contrôlées
         - Zones sans drogue
         - Utilisation de pesticides et dérivés
         - Délinquants sexuels enregistrés
  • Évaluation de l'accessibilité des espaces ouverts pour des usages sportifs ou récréatif
  • La proximité de parcs et d'espaces ouverts pour des politiques "d'utilisation en commun" hors campus, qui sont accessibles en tant que parcs publics pendant certaines heures ou à certaines saisons.
  •  Possibilités d'alimentation et de recharge en eau
  •  Fournir une géométrie et une base géographique pour un inventaire des installations scolaires

Consulter le site de la California School Campus Database (CSCD).


Utiliser Khartis dans le cadre de la géographie scolaire



Khartis est un outil de cartographie statistique créé par l’Atelier de cartographie de Sciences Po. Pour accéder au site de cartographie en ligne Khartis, cliquer ici.

Lancé en 2016, cet outil réussit à allier simplicité d'usage et rigueur scientifique. Il peut être utilisé en ligne ou en local à travers une application à télécharger. L'application est disponible sous Mac, Windows et Linux. Le fichier à télécharger fait 140 Mo et ne nécessite aucune installation. Il s'agit d'une application autonome incluant tous les fonds de carte et les exemples fournis.

Khartis est un outil cartographique plus simple que Magrit, une autre application cartographique développée par le pôle géomatique de l’UMS RIATE. Khartis permet néanmoins de réaliser plus facilement des jointures car il est moins sensible à la casse et offre la possibilité d'une correction des noms de pays via son dictionnaire. Son principal intérêt est d’accompagner l’utilisateur dans le processus de création de sa carte de A à Z. Les étapes d'élaboration d'une carte statistique sont décomposées de manière très pédagogique et bien décrites dans la documentation. Il est par ailleurs possible de revenir sur chaque étape si l'on souhaite changer des paramètres.


1) Le choix du fond de carte


  • Utiliser les fonds de carte fournis par Khartis
De nombreux fonds sont mis à disposition avec différents niveaux administratifs (voir la liste plus bas). A l’échelle mondiale, onze projections sont disponibles (comme dans Magrit) : Atlantis, Bertin 1953, Briesemeister, Goode H., Lambert équivalente azimutale ou LAEA, Mollweide, Natural Earth, Waterman, Orthographique, Plate carrée, Mercator. Ces projections sont classées selon leur capacité à respecter les surfaces, les distances ou les angles. Une fonction très appréciable : on peut modifier à la volée le mode de projection, même si la carte est déjà construite. On peut également jouer sur le centrage de la carte en la déplaçant en latitude, en longitude, voire en rotation (en fonction du type de projection). 

 Les projections disponibles dans Khartis
                                                              
 

Depuis avril 2019, deux nouvelles projections sont maintenant disponibles pour le fond monde :
Armadillo de Erwin Raisz et Airocean de Buckminster Fuller (voir cet article sur l'intérêt des la projection Fuller).

  • Importer son propre fond de carte
Khartis offre désormais la possibilité d'importer son propre fond de carte sous réserve de respecter les modalités d'importation. Voir ci-dessous le détail des conditions (surbrillées en jaune) :


Un tutoriel très didactique décrit les étapes pour ajouter le fond de carte dans Khartis. On apprécie ici le choix qui est offert de pouvoir conserver ou non des variables associées au fond de carte :


Autre fonctionnalité notable : le paramétrage de la projection de son fond de carte. Le datum proposé par défaut est le WGS84, mais on peut modifier l'option de projection comme dans l'exemple du fond de carte de Nantes qui sert à illustrer le tutoriel fourni par la documentation de Khartis :


Une fois le fond de carte importé dans Khartis, on peut visualiser les variables qui y sont associées ou ajouter d'autres données au format CSV :



Le fond de carte du Vietnam importé dans Khartis 









 2) Le choix des données

Il est possible d'intégrer ses propres données au format CSV ou d'utiliser les jeux de données fournis en tests. Un conseil : télécharger le modèle de fichier CSV pour être sûr de bien respecter la codification proposée par défaut. Pour importer les données, il existe trois méthodes qui sont détaillées dans l’aide fournie par Khartis :

 L'aide de Khartis pour importer des données


A noter que deux types de données peuvent être traités par cet outil de cartographie : les “données avec niveaux administratifs”, qui correspondent aux fonds de carte proposés (Monde > pays > régions > départements), et les ”données avec coordonnées géographiques” (latitude/longitude). Ces dernières permettent aux utilisateurs d’ajouter d’autres lieux comme par exemple des villes.    

 Importer des données avec des coordonnées géographiques
                                            

Enfin, il est possible d'afficher plusieurs données dans un seul tableau et de les visualiser. Pour cela, il est nécessaire d’assembler les deux tableaux données au sein d’un même tableau, comme le suggère la documentation de Khartis :

 Les données sont ici regroupées dans un seul tableau en décalant les lignes



3) Le choix de la discrétisation et des variables visuelles 

Plusieurs modes de discrétisation (intervalles réguliers, moyennes emboîtées, quantiles, standardisation, Jenks, seuils manuels) sont à disposition permettant un usage simple ou expert. On peut choisir le nombre de classes ou indiquer ses seuils manuellement grâce à un histogramme de répartition (il n'est pas possible de déplacer les seuils directement sur l'histogramme comme sur Géoclip ou Magrit).
Les modes de discrétisation des données



On peut choisir le type de figurés (surfaciques ou ponctuels) en suivant la liste des visualisations proposée par Khartis (visualisations représentant l'ordre, visualisations représentant des différences, visualisations combinant des variables).

La liste de choix de visualisations en fonction des figurés


On peut ainsi représenter plusieurs données en superposant par exemple des aplats et des hachures ou des aplats et des figurés ponctuels. Différents paramètres permettent en outre de modifier la taille, la forme, la couleur et le contraste des symboles proportionnels.   

Modifier les paramètres des symboles proportionnels


Chacune des 8 visualisations est décrite dans la documentation avec des cas pratiques et des données à télécharger comme ici pour les symboles proportionnels :


Notons qu'il est facile de revenir en arrière dans le processus de réalisation de la carte et d'ajouter une nouvelle variable à cartographier, si on a intégré une table avec plusieurs champs. Voir les exemples proposés dans les étapes 3 et 4. En revanche, il n'est pas possible de cartographier des flux avec Khartis (utiliser pour cela Magrit ou QGIS).


4) Le choix de l'habillage et de l'affichage 

L'utilisateur peut intégrer en surcouche du texte ou des flèches, saisir un titre, une source ou un auteur, déplacer la légende, afficher ou non les frontières et le graticule (grille latitude-longitude), choisir la couleur du fond de carte, faire apparaître le détail des informations contenues dans la base de données en utilisant l'icône information.

La fonctionnalité "Étiquettes", qui se trouve dans la partie "export" de Khartis, permet d'afficher ou non la nomenclature, de filtrer les étiquettes et de les placer manuellement :

Afficher les étiquettes des pays selon un filtre
                                                        


Placer manuellement les étiquettes



5) Le choix du format d'exportation 

Une fois achevée, la carte peut être exportée dans deux formats au choix : au format PNG (format pixel respectant la transparence) ou au format SVG (format vectoriel compatible avec d'autres logiciels comme Adobe Illustrator, Inkscape...). L'utilisateur peut choisir les dimensions horizontales et verticales de sa carte. Il peut exporter l'ensemble du projet cartographique pour le réutiliser en local dans le logiciel Khartis (à télécharger au préalable). Inversement il peut être confortable de préparer en local ses jeux de données et ses cartes sous forme de fichier projets (au format *.kh) de manière à les mettre à disposition et les partager avec d'autres utilisateurs qui n'auront plus qu'à les importer dans la version en ligne (cf possibilité de créer des bases d'exercices cartographiques “clés en main”). Lorsqu'on se reconnecte avec le même navigateur et la même session Internet, il est possible normalement de retrouver les projets qui ont été élaborés auparavant ("Reprendre le projet en cours").
                                                                 
Les formats d'exportation de la carte

   


6) Pistes d'exploitation pédagogique

L'idée est de développer des usages pédagogiques avec Khartis dans le cadre de l'enseignement secondaire. L'objectif à terme est de pouvoir partager des scénarios pédagogiques qui seront recensés sur cette page.

Mathieu Merlet et Cyrille Chopin ont élaboré conjointement une séquence "Aborder la notion de développement durable en Seconde avec Khartis". Pour accéder à la séquence et aux données, cliquer ici ou utiliser l'aperçu ci-dessous.



Cette séquence s'appuie sur un corpus documentaire et un jeu de données prêt à être utilisé en classe. La séquence se décompose en 3 temps :
  • la compréhension et l'analyse critique de la notion de développement et de la limite Nord / Sud ;
  • la mesure du développement à partir d'indicateurs variés ;
  • la persistance de fractures internes aux Etats à partir de l'exemple du Brésil.

En complément
 
Fonds de cartes disponibles dans Khartis au 30/10/2018 :
Monde > pays (2016)
Allemagne > Land (2016)
Allemagne > Arrondissement (2016)
Brésil > États (2015)
Brésil > microrégions (2015)
Brésil > mésorégions (2015)
Canada > provinces (2016)
Canada > divisions de recensement (2016)
Europe > pays (2016)
Europe > nuts 2 (2013)
Europe > nuts 3 (2013)
Espagne > provinces (2015)
Espagne > communautés (2015)
États-Unis > États (2015)
France > départements (2016)
France > régions (2015)
France > régions (2016)
France > circonscriptions législatives (2012 & 2017)
France > communes (2016) > régions et DROM
France > communes (2017) > régions et DROM

Depuis avril 2019, cette liste des fonds de carte s'est enrichie de nouveautés :
Algérie
Chine
Grand Paris
Maroc
Nouvelle-Calédonie
Royaume-Uni
UE (NUTS 2016)


Les sources de ces différents fonds de cartes sont indiquées sur ce lien :
http://www.sciencespo.fr/cartographie/khartis/app/documentation/site/les-sources-des-exemples-a-disposition/index.html

L’application de cartographie thématique Khartis est présentée par VeilleCarto 2.0
http://veillecarto2-0.fr/2016/10/21/lapplication-de-cartographie-thematique-khartis/

Prise en main de l'application à partir d'un exemple (carte de l'IDH) sur Carto-lycée
http://www.cartolycee.net/spip.php?article106

Présentation sur le site HG de l'académie de Nantes
http://www.pedagogie.ac-nantes.fr/histoire-geographie-citoyennete/enseignement/cartographie-avec-khartis-1091921.kjsp

Aide en ligne sur le site de Khartis
http://www.sciencespo.fr/cartographie/khartis/docs/



Construire et analyser des cartes isochrones


Les cartes isochrones sont de plus en plus courantes. Elles permettent de mesurer le temps de parcours d'un lieu à un autre en fonction du mode de transport choisi. La plus ancienne carte isochrone connue est celle de Francis Galton, publiée pour la Proceedings of the Royal Geographical Society en 1881. Elle montre, pour l'époque, les temps de parcours en nombre de jours depuis Londres jusqu'aux régions les plus éloignées pour les voyageurs souhaitant préparer leur déplacement "en fonction des moyens de transports les plus rapides et disponibles à un coût raisonnable".

La plus ancienne carte isochrone connue (1881)


Le site La boîte verte fournit des cartes isochrones anciennes permettant de calculer des temps de voyages à diverses époques. A l'échelle locale, les cartes isochrones sont également très anciennes (voir par exemple la carte des temps de transport à Manchester en 1917 ou à Melbourne en 1922).

Aujourd'hui les cartes isochrones sont utilisées pour des usages quotidiens. Elles concernent de nombreux secteurs aussi bien pour l'aménagement du territoire que pour la planification urbaine. Les outils numériques permettent  de calculer en temps réel la distance-temps de son lieu d'habitat par rapport à son lieu de travail ou par rapport aux services de proximité. Voici par exemple les temps moyens de trajets par transports en commun à partir de Paris (sans tenir compte de l'horaire pendant la journée). Pour tester l'application, cliquer ici.

Temps de trajets moyens en transport en commun en Ile-de-France (source : Atelier 01)


En cliquant sur un lieu au choix (ici Nanterre), l'outil recalcule automatiquement les temps de trajet.



Dans le domaine du géomarketing, le calcul des isochrones permet de calculer une zone de chalandise : voir cette vidéo avec Google Maps ou cette vidéo avec OSM et QGIS.  La zone de chalandise d'un établissement commercial est la zone géographique d'influence d'où provient la majorité de la clientèle. Le terme de zone isochrone dans le domaine de l’analyse des zones de chalandise est cependant un abus de langage. Il convient de distinguer les isodistances qui forment un tampon régulier en fonction de la distance à un point et les isochrones qui sont l’ensemble des zones géographiques qui sont au même temps. Comme le temps de trajet dépend des moyens de transport et des axes de communication, les isochrones ne sont pas circulaires et vont au contraire s’étendre le long des axes routiers.

Le calcul d'isochrones a longtemps été réservé aux SIG. Le logiciel QGis dispose d'un plug-in isochrone (voir cette vidéo) et peut aussi être aussi utilisée avec l'API #HereQgis. On peut l'utiliser conjointement avec OpenStreetMap : voici un exemple avec le plug-in OSM Tools, qui a servi à calculer l'accessibilité aux arrêts de transports en commun à Stuttgart. QGis a récemment fait l'objet d'un nouveau plugin, TempusAccess pour calculer l'accessibilité par les réseaux de transport. La plateforme TravelTime met aussi à disposition un plugin spécifique pour QGis.

Les sites de cartographie en ligne intègrent désormais des fonctionnalités qui permettent de placer un marqueur et de sélectionner une durée de parcours en fonction du mode de transport choisi (sans avoir à utiliser un SIG). C'est ce que peut faire un simple utilisateur de Google Maps, d'OpenStreetMap ou encore de Géoportail. L'IGN fournit un tutoriel pour utiliser l'outil isochrone avec le Géoportail. Le fait que Google Maps ait restreint les droits d'accès à son API a tendance à limiter le recours à l'application cartographique de Google. Le site Isochrones.fr fondé sur l'API Google Maps permet encore de tracer des zones tampons. Le site Owl Apps permet d'élaborer des isochrones à partir des données de Google Maps, d'OpenStreetMap ou de Navteq et de les exporter en kml.

OAlley, une entreprise spécialisée dans ce type de services, met à disposition une démo de sa plateforme cartographique (limitée à 3 essais). Celle-ci permet de calculer des zones de chalandise ou des zones limites de transport en fonction d'un temps donné.

 Comparaison de la zone limite que l'on peut atteindre en 1h à pied ou en train
depuis le centre de Nantes
(source : OAlley)




Openrouteservice Maps propose un service de calcul d'itinéraire en utilisant des données fournies par les utilisateurs d'OpenStreetMap. Son principal atout est de permettre de paramétrer les isochrones en fonction du temps ou de la distance, des routes à éviter, du mode de transport choisi (à pied, à vélo, en auto ou en transport en commun). Un bouton permet de générer facilement des isochrones et de les exporter au format Geojson (fichier récupérable dans un SIG ou dans un globe virtuel en utilisant un utilitaire de conversion).



Iso4app fournit une API à partir d'OpenStreetMap qui permet de calculer des isochrones (voir sa plateforme de démonstration). Le wiki d'OSM donne accès à des outils et des méthodes à ce sujet.

Mapbox fournit également des outils de calcul d'isochrone. Voici un exemple d'application en ce qui concerne Londres avec des isochrones en interpolation.

Isochrones à Londres en fonction des modes de transport (source : Mapbox)


 
La site TravelTime platform fournit un service gratuit pour la plupart des pays d'Europe et pour les Etats-Unis. Cette plateforme permet en outre de calculer le temps estimé pour rejoindre un hôtel, un cinéma ou tout autre service le plus proche. Voir ce tutoriel pour utiliser l'API mis à disposition.

 Interface de l'application en ligne TravelTime platform



Une fois construites, les cartes en isochrones peuvent servir à mieux appréhender l'accessibilité d'un lieu : voici par exemple les zones à moins de 15 mn de marche à pied d'une gare à Paris ou une comparaison dans le temps d'accessibilité des stations de métro entre grandes métropoles. L'accessibilité piétonne en fonction des secteurs de la ville et des aménagements urbains qui ont pu être (ou non) réalisés donnent des informations pour les utilisateurs eux-mêmes. Le site galton.urbica.co (du nom de Galton, le chercheur, géographe, anthropologue et psychologue anglais à l'origine de la première carte isochrone en 1881) permet de calculer l'accessibilité piétonne à Londres en fonction de différents critères.

Calcul d'accessibilité piétonne à Londres en fonction des secteurs urbains (source : galton.urbica.co)



Les cartes isochrones ne servent pas seulement à calculer des temps de déplacements quotidiens. Elles peuvent être utilisées aussi pour faire du geocaching. Il s'agit par exemple de déterminer  à quelles distances-temps se trouvent les geocaches qui sont à trouver sur le terrain. La fonction « isochrone » du Géoportail permet de voir une aire de déplacements possibles dans un temps donné et ensuite de calculer le temps pour relier chaque étape.

Utilisation de la fonction isochrone du Géoportail pour faire du geocaching
(source : La Diaichotte)



Les cartes isochrones permettent aussi de comparer différents modes de transport dans une optique de mobilité durable. Voici par exemple une comparaison d'isochrones entre transports en commun et vélo électrique à Grenoble ou encore une carte d'accessibilité de la gare Saint-Jean à Bordeaux en fonction des modes de transports urbains disponibles. Ces cartes en isochrones sont beaucoup utilisées par les aménageurs : voir par exemple l'accessibilité isochrone aux emplois, aux travailleurs et aux commerces pour la ville de Montréal

Dans le cadre du Plan des déplacements urbains (PDU) ou encore du Plan de déplacement entreprise (PDE), l'objectif est de pouvoir assurer une mobilité et une sécurité durables. Les mesures portent notamment sur la diminution du trafic automobile, le développement des transports en commun et des modes alternatifs à la voiture particulière. L’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS) propose une cartographie isochrone afin d'identifier quels sont les salariés (localisation et nombre) pour lesquels un changement de mode de transport est raisonnablement envisageable.

Cartographie isochrone pour le Plan de mobilité et sécurité durables (source : INRS)



Les cartes isochrones sont utilisées également par les chercheurs qui s'intéressent à la co-modalité, définie comme le recours efficace à différents modes de transport, isolément ou en combinaison (voir par exemple cette étude sur la co-modalité en Belgique). Les big data permettent désormais de produire des animations montrant les zones de desserte à pied, à vélo, en voiture et en transports en commun à partir d'une ville ou d'une région (lire le billet Big data et choix d'aménagement urbain pour les piétons et les cyclistes). Le site Navitia permet d'avoir accès à des jeux de données par villes en France. Alors que les grandes métropoles voient fleurir depuis plusieurs années des services numériques et des applications autour de leur réseau de transport, les territoires moins denses et les réseaux interurbains sont encore souvent invisibles sur Internet. Etienne Pichot Damon donne une méthode pour ouvrir les données de transport au format GTFS.

Ces cartes par isochrones ont pour intérêt également de mettre en évidence les aires urbaines fonctionnelles, sans avoir à dépendre des différentes définitions statistiques que l'on peut donner à la notion d'aire urbaine (lire le billet Intérêt et limites du zonage en aires urbaines). Guérois & alii (2016) proposent une cartographie en isochrones permettant de mettre en évidence l'accessibilité. Voici par exemple la comparaison entre les aires urbaines fonctionnelles et l'accessibilité réelle mesurée en temps de transport pour Barcelone, Paris et Berlin. 

 Aires polarisées par les navettes domicile-travail et zones d’accessibilité routière au centre (Guérois & alii, 2016




Le site Alternatives Transports offre des pistes intéressantes pour comparer différents types de cartes isochrones. Le blog Data Visualization Catalogue donne accès aussi à de nombreuses cartes isochrones anciennes ou actuelles.

ESRI propose une storymap montrant l'engorgement des transports pour accéder aux aéroports en période de vacances aux Etats-Unis (consulter la carte Holidays Travels).

Les zones de navettage donnent lieu à d'autres types de cartes qui ne sont pas forcément élaborées en isochrones. A Los Angeles ville de l'automobile, les alternatives réelles à la voiture sont assez limitées comme le montre cette carte par comtés des moyens de transports choisis par les navetteurs pour aller au travail. 

En complément voici la carte des zones de navettage (commute map) aux Etats-Unis sous forme de flux qui montrent la forte polarisation urbaine liée aux mobilités domicile-travail. Le Washington Post en a donné une telle belle carte isochrone dans un article publié en 2017. Voir également la carte animée des dessertes de transports en commun en fonction de l'heure pour la capitale Washington D.C.



Le Washington Post avait déjà publié en 2015 une carte des distances en train en Europe et des villes que l'on peut rejoindre en un jour. Cette publication s'inspirait du travail de
Kerpedjiev qui a réalisé les isochrones pour une 30e de métropoles européennes.




L'Atelier de cartographie HG Sempai propose une carte de la France redessinée par la révolution ferroviaire au XIXe siècle.
 


Les cartes isochrones de la France par TGV sont souvent utilisées dans les médias ou dans les manuels scolaires pour mettre en avant la diminution des temps de transport ou encore pour montrer les inégalités territoriales dans l'accès à la grande vitesse. Elles peuvent être réalisées sous forme d'anamorphoses. Elles sont encore plus intéressantes lorsqu'on compare deux cartes isochrones à des dates différentes pour mesurer la diminution des temps de transport.




La distance et notamment la distance-temps ont donné lieu à de nombreux travaux des géographes. Citons entre autres exemples :
  • Roger Brunet, La Distance, objet géographique, Atala n°12, 2009. Lire l'article
  • Anne Bretagnolle. De la théorie à la carte: histoire des représentations géographiques de l’espace-temps. Volvey Anne. Echelles et temporalités, Atlande, pp.55-60, 2005, Clefs Concours: Géographie thématique. Lire l'article 
  • Luc Vacher, La réflexion géographique sur la distance, une approche par les pratiques de tourisme, HDR, 2014. Lire le mémoire
  • Claude Grasland, Analyse spatiale, Distances, Réseau, Accessibilité, Potentiel, avec la collaboration de Thérèse Saint-Julien & Hélène Mathian Novembre 2013. Voir le diaporama

Lien ajouté le 26 janvier 2019

Carte des communications rapides entre Paris et le reste de la France (1882)

Cette carte dressée par E. Martin montre que le procédé des isochrones est déjà ancien. Elle fait l'objet de commentaires sur le site MapPorn.



Lien ajouté le 4 février 2019

Temps de transport pour rejoindre Johannesburg en voiture et en avion (source : Vividmaps)



Lien ajouté le 17 mars 2019

Lien ajouté le 7 avril 2019

Entre science et art, le site Roadtrees propose des cartes isochrones animées sous forme d'arborescences à l'échelle de différents pays : http://roadtrees.com/gallery-of-road-trees



Lien ajouté le 23 avril 2019

Un mashup pour calculer des isochrones en Bretagne en utilisant OpenRouteService a été mis au point par les étudiants du master SIGAT de Rennes : http://www.sites.univ-rennes2.fr/mastersigat/Webmapping/AtelierKoumoul/pages/isochrones/index_isochrones.html


Lien ajouté le 2 mai 2019

Une carte de l'empire romain permettant de calculer des temps de transport et de faire des isochrones :
http://brilliantmaps.com/travel-time-rome/


Lien ajouté le 7 mai 2019

Walk Score est un site d'annonces immobilières qui permet de choisir son logement aux Etats-Unis en fonction des temps de transport (temps de déplacement à pied depuis une ligne de transport en commun). Une manière de s'affranchir de la voiture en ville. Le site peut être utilisé pour faire des isochrones en fonction du mode de transport choisi :
https://www.walkscore.com/apartments/search/NY/New_York


Liens ajoutés le 15 mai 2019

Une série de cartes isochrones sur la ville de Berlin en 1819, 1906 et 2015. Le site Alternative Transport comporte de nombreux exemples de cartes isochrones anciennes ou actuelles.
http://alternativetransport.wordpress.com/2016/12/20/isochrone-map-of-berlin-1819-1906-and-2015/



Une sélection d'anciennes cartes isochrones dont certaines sont vraiment très artistiques :

Une carte des temps de trajets (en avion) à partir de Londres qui rappelle la carte de Francis Galton de 1881. A comparer à cette carte de 1914 (en train ou bateau).


Une carte des temps de trajets dans la région métropolitaine de Chicago (Source : Planning the Region of Chicago, 1956) : http://publications.newberry.org/makebigplans/plan_images/commutation-time-zones-1956



Liens ajoutés le 20 aout 2019

Une série de cartes isochrones montrant les temps d'accès aux stades de football à Londres :
http://brillianttrains.com/football-stadiums/



Les SIG peuvent être mobilisés pour calculer des distances-coût dans différents domaines. En voici des exemples sur le site GIS Lounge :
http://www.gislounge.com/cost-distance-gis/




World Map Creator, une application très pédagogique pour travailler sur les projections


World Map Creator est une application en ligne très efficace qui permet de personnaliser sa propre projection en choisissant par étape tous les critères nécessaires : choix de la projection de référence, choix du centrage, choix du zoom, choix de l'habillage. L'objectif est de pouvoir fabriquer des projections non conventionnelles en fonction de ses propres choix.

L'interface de consultation est en trois langues (anglais, allemand, français). L'export de la carte se fait au format PNG. 



L'élaboration de sa carte personnalisée s'effectue en 3 étapes :

Etape 1 : Crée ta carte du monde
  • choix de la projection parmi une liste de 24 projections : Equirectangular, Mercator, Azimuthal Equal Area, Orthographic, Conci Equal Area, Albers, Stereographic, Aitoff, Armadillo, August, Baker, Berhaus, Bonn, Eckert IV, Fahey, Gingery, Gringorten, Healpix, Miller, Mollweide, Patterson, Wagner VII, Interrupted Homolosine, Polyhedral Waterman ;
  • choix du zoom ;
  • choix du centre avec plusieurs possibilités : en déplaçant le point médian sur la carte, en entrant manuellement des lieux géographiques, en utilisant des coordonnées ou des noms, en utilisant le point de vue actuel de l'utilisateur ;
  • ajout de couches (geolayers) : océans, pays, lacs, rivières, villes, zones urbaines, graticule, Terre.
Etape 2 : Colorie ta carte
  • choix des couleurs
  • choix des contours
  • choix de l'épaisseur des contours
Etape 3 : Exporte ta carte
  •  au format PNG
  • sur les réseaux sociaux

En cliquant sur le carré vert à droite de l'écran, on accède à des projections pré-selectionnées en fonction des variations de couleurs ou de formes que l'on souhaite.


Pour accéder à l'application : World Map Creator

Pour consulter le tutoriel : Mapping Worldmaps

L'équipe de l'université de Berne qui a développé World Map Creator propose une application complémentaire pour les plus jeunes, World Map Generator qui permet de manière ludique de préparer un reportage ou d'organiser un voyage touristique en choisissant sa projection. L'application est très pédagogique. Elle permet aux élèves de s'initier aux grands types de projection et de voir leur utilisation dans des usages concrets de la vie quotidienne.

Les élèves doivent expliquer leurs choix. C'est l'occasion de travailler sur les représentations dans un double sens : les représentations cartographiques et les représentations mentales et culturelles souvent attachées à ces projections.

 

Donner un titre à sa carte et commenter les atouts et les limites de la projection choisie (le centrage, les déformations, les possibilités d'utilisation...) :



Rédiger un article de journal à partir d'un événement (ici l'organisation d'un G20 en Argentine) et justifier le choix de la projection qui est proposée :



Calculer un itinéraire et choisir la projection qui semble la plus pertinente. L'occasion également de visualiser les routes orthodromiques du fait de la rotondité de la Terre :


Pour accéder à l'application : World Map Generator

Pour accéder aux tutoriels : Ecolier, Cartographe, Cosmonaute

Consulter notre page de ressources sur les projections cartographiques : applications en ligne ou hors ligne, cartes à télécharger, initiation aux projections, référentiels et coordonnées géographiques.

En complément, voir la présentation de l'Atlas de Sciences po 2018 (version numérique) qui utilise de nombreuses projections pour jouer sur les points de vue.


Articles connexes :

Pourquoi les projections icosaédriques ont tendance à nous fasciner 

La nouvelle projection Equal Earth, un bon compromis ?





DataFrance, une plateforme de visualisation de données en open data


DataFrance est une plateforme de visualisation de données ouvertes. Cette plateforme diffuse des statistiques rendues publiques sur le site Data.gouv.fr

Le site DataFrance permet la consultation, la comparaison et l’analyse de données sur tout le territoire français à une échelle qui va des régions et départements aux communes et, pour certaines données, aux ilots IRIS de 2000 habitants. L'intérêt de cette plateforme est de permettre de visualiser directement les données en open data à travers une interface simple de consultation (toutes les données du portail Data.gouv.fr ne sont cependant pas reprises dans cette interface cartographique).

Pour chaque commune sont mis à disposition plus de soixante indicateurs sur des thématiques variées : population, logement, transports, emploi, environnement, éducation... Des fiches "indices" permettent de résumer le profil de chaque commune.

Voici par exemple la part des diplômés de l'enseignement supérieur par départements en France métropolitaine en 2012. La moyenne est de 13,66%. En déplaçant la souris, on peut faire apparaître le chiffre sur un ou plusieurs départements au choix.

 


On peut aussi travailler sur les catégories socio-professionnelles, ici à l'échelle des communes avec des disparités assez fortes au sein du Grand Bordeaux. A confronter aux cartes fournies par l'Atlas régional 2016 de la Nouvelle Aquitaine.

 


Toujours sur les catégories socio-professionnelles (CSP) mais à l'échelle des ilots IRIS de 2000 habitants, l'analyse devient plus fine.

 


Parmi les nombreuses données disponibles, figurent des typologies concernant les territoires par exemple ici les "territoires de vie" qui permettent d'appréhender la qualité de vie à travers une 30e d'indicateurs, parmi lesquels l'accès aux équipements et aux services (on retrouve ces données sur le site de l'Observatoire des territoires).



La couverture géo-temporelle varie selon le type de données. Il est en général possible de faire des cartes à différentes dates du début des années 2000 à nos jours. Les cartes peuvent être superposées. Un regret : on ne peut pas faire varier les seuils ni choisir la symbologie. Il s'agit d'un outil de visualisation et non d'un outil de traitement cartographique. Réalisée avec l'application Carto qui est utilisée par de nombreux médias, la plateforme vise à "diffuser les données ouvertes au plus grand nombre".

En cliquant en haut de la barre menu sur Sources/Options, l'utilisateur a accès  au jeu de données correspondant à la carte affichée. Il faut cependant se rendre sur le site Data.gouv.fr pour pouvoir télécharger les données en open data. Ce site est une mine de données qui s'enrichit régulièrement grâce aux dépôts que peuvent y faire les administrations et les organismes. Les données sont disponibles pour les territoires d'outre-mer... lorsque la base a été renseignée.

Un autre usage très simple et relativement pratique consiste à visualiser sur un fond de carte ou une image aérienne l'implantation des équipements et des services, qu'il s'agisse des aéroports, des gares, des établissements scolaires, des stations services...

Voici par exemple l'implantation des collèges publics et privés en Auvergne-Rhône-Alpes.




DataFrance s'adresse au grand public. Mais le site comporte des données sur l'immobilier qui peuvent intéresser des professionnels ou des observateurs dans ce secteur. On y trouve des données variées sur les types de logements, leurs catégories, leurs prix, le statut de leurs habitants (locataires ou propriétaires) ainsi que sur les taxes foncières ou les taxes d'habitation, les ménages ayant une voiture, un parking...

Voici par exemple le prix de l'immobilier au m2 dans l'habitat ancien à Paris. La source est le journal L'Express (le Los Angeles Times propose le même type d'application pour savoir quels biens on peut louer en Californie en fonction de ses revenus). Attention à bien vérifier la source des données car différents organismes, associations ou médias peuvent déposer sur Data.gouv.fr. A comparer au site MeilleursTaux.com qui donne le prix moyen de l'immobilier au m2 en fonction des transactions des agences ou avec le site des notaires de Paris qui donne l'évolution des prix pour l'Ile de France.




Un autre exemple : la part des ménages ayant au moins une voiture en Ile de France.