Shipmap.org



Cette étonnante visualisation montre comment les navires transportent des marchandises dans le monde entier. Une carte interactive, créée par la firme de visualisation de données Kiln et l'University College London's Energy Institute, montre les mouvements de tous les navires de la flotte marchande mondiale en 2012 (plus de 50 000 navires de commerce sillonnent les océans chaque année).



La carte permet aux utilisateurs de filtrer cinq types de navires, chacun étant identifié par une couleur :
• En jaune les porte-conteneurs (pour les produits manufacturés)
• En bleu, les vracquiers (pour le charbon, les agrégats)
• En rouge les pétroliers ou tankers (pour le pétrole, les produits chimiques)
• En vert les gaziers (pour le gaz naturel liquéfié)
• En violet les porte-véhicules (pour les voitures)

La carte de Kiln montre également les ports les plus importants et les plus fréquentés du monde ainsi que les routes maritimes les plus utilisées. Elle traite également des aspects environnementaux à travers la quantité de carburant utilisée par les navires et la quantité de dioxyde de carbone qu'ils déversent dans l'environnement. La vidéo qui accompagne la carte souligne le fait que "les navires commerciaux produisent plus d'un million de tonnes de CO2 par jour, soit plus que l'ensemble du Royaume-Uni, du Canada ou du Brésil".


Nouvelles fonctionnalités d'Edugéo


Un exemple des nouvelles fonctionnalités d'Edugéo qui s'ouvre sur l'extérieur.

Mathieu Chartier propose un croquis sur l'organisation du port du Havre qu'il enrichit avec des liens, des vidéos et diverses autres sources. Cette proposition pédagogique permet de sortir un peu du croquis inventaire. Il resterait à organiser les étapes de cette géoexploration.

Edugéo, qui n'offrait au départ qu'un outil de croquis géographique, commence à intégrer des fonctions d'édition et même de traitement de données. L'outil statistique permet même d'importer des données externes.






The Racial Dot Map


Cette carte par points permet de visualiser de manière saisissante la distribution géographique de la population américaine et la diversité ethnique de la population à l'échelle de l'ensemble des Etats-Unis. La carte affiche 308 745 538 points, un par habitant au lieu précis où il a été dénombré lors du recensement de 2010. Chaque point est codé par une couleur selon l'origine ethnique de l'individu. La carte peut être visualisée en version noir et blanc (densité de population) ou en couleur (répartition par ethnie).





Toutes les données affichées sur la carte proviennent de l'ensemble de données du fichier récapitulatif du Bureau du recensement des États-Unis rendu public en 2010 par le biais du Système d'information géographique national. Les données sont basées sur le « bloc de recensement », à peu près équivalent à un quartier en zone urbaine.

La carte a été créée par Dustin Cable, ancien chercheur en démographie au Weldon Cooper Centre for Public Service de l'Université de Virginie.
Cette carte s'appuie sur son travail en ajoutant les données ethniques du Census Bureau et en corrigeant les erreurs de cartographie. Brandon Martin-Anderson du MIT Media Lab et Eric Fischer, créateur de cartes de réseaux sociaux, ont contribué à ce projet original. 

Outre le fait qu'une telle carte serait impossible sur le territoire français (la France interdit de collecter des informations personnelles fondées sur des caractères telles la race, l'ethnie, la couleur de peau...), on est assez impressionné par la fragmentation et la ségrégation qui peuvent exister aux Etats-Unis, particulièrement au sein des grandes métropoles.


La face cachée des cartes



Colloque international « La Face cachée des cartes »
Montpellier, lundi 18 et mardi 19 décembre 2017
Auditorium site Saint-Charles - Université Paul Valéry Montpellier 3

« La face cachée des cartes » c’est tenter de mettre au grand jour l’incroyable nombre de réflexions, gestes et opérations « dissimulés », « non dits », véritables « boîtes noires », pourtant nécessaires à la réalisation de toute carte géographique.

http://cartocachee2017.sciencesconf.org/

L’UMR GRED Gouvernance, Risque, Environnement, Développement (UPVM3/IRD), et plus précisément l’axe 4, transversal, « Modélisation et représentations spatiales pour l’aide à la décision en aménagement » propose une rencontre autour de la question de « La face cachée des cartes ». La carte géographique, modèle réduit du paysage, mise en scène d’un territoire à différentes échelles, représentation simplifiée du territoire, aide à la compréhension du Monde ou d’un morceau du Monde et remplace avantageusement un long discours. Elle donne à voir l’empreinte humaine sur le globe et témoigne également de la manière dont ceux qui la produisent pensent leur territoire, le monde d’une part et envisagent leur place et leur action dans l’espace, la société d’autre part. L’usage et la production des représentations spatialisées quittent aujourd’hui l’espace académique avec les images satellitaires et les SIG à la portée de tous. La carte paraît de moins en moins l’apanage des savants ou des experts, tant dans sa production que dans sa lecture et ses usages. Pour autant, on n’a jamais autant mobilisé de technologies de pointe et de ressources de haut niveau pour réaliser des cartes. Cette floraison actuelle, jointe aux multiples dimensions de la carte, entre science, technique, art et politique, la désignent donc comme un objet toujours actuel de réflexion : réflexion sur sa pertinence, mais aussi réflexion sur les intentions plus ou moins explicites de ses auteurs et sur les objectifs qui lui sont assignés en relation avec ses usages.

Objectifs de la rencontre

La thématique de « La face cachée des cartes » n’a guère été abordée si ce n’est par le biais des « mensonges » (Monmonier, 1991), de la propagande (Bord, 2003) ou du pouvoir des cartes (Harley, 1995). Mais il s’agit ici d’aller plus loin dans la réflexion. La carte est d’abord un objet à voir (Bertin, 1967), un instrument de communication (Jacob, 1992), une interprétation du monde qui témoigne de (des) vision(s) de son (ses) auteur(s), mais nombre d’opérations et de gestes participent à sa réalisation. Cette succession d’ajustements et de bricolages est bien souvent de l’ordre du « caché », volontairement ou non, c’est-à-dire de boîtes noires qui sont indispensables, certes, inévitables dans les étapes de la construction avec des choix multiples à opérer, mais qui restent encore peu explorées. C’est cette « partie cachée » de la représentation cartographique que l’on se propose de mettre à jour, d’expliciter et d’interroger. Il s’agira de mettre en lumière et contextualiser les choix cartographiques, conscients ou non, revendiqués, assumés ou occultés. A l’heure où le rôle des cartes ne cesse de croître dans un monde de communication et d’échanges instantanés, une approche critique de la cartographie et de ses usages, à travers ses acteurs, leurs relations passées et actuelles, le poids des héritages, peut s’avérer utile. Les inévitables distorsions entre réalités, faits géographiques et les cartes réalisées pour rendre compte de ces faits peuvent-elles être analysées comme des opérations de « traduction » et les cartes comme des « artefacts », voire comme des « acteurs » dans le sens donné à ces termes par Akrich, Callon, Latour (2006) ?

Ces distorsions, matérialisées et territorialisées dans les cartes, peuvent répondre à des objectifs précis qui orientent alors les choix cartographiques en amont de la réalisation des cartes. Elles peuvent être liées à des contraintes techniques et matérielles ou se construire peu à peu en fonction des jeux d’acteurs et des contextes scientifiques, politiques, sociétaux. Mais ces distorsions, liées aux choix cartographiques, peuvent également en retour influencer les représentations que les différents acteurs (scientifiques, gestionnaires, élus, décideurs, grands organismes internationaux, ONG, opinions publiques…) se font du monde ou de tel ou tel phénomène cartographié. En cela, elles peuvent être amenées à peser sur des décisions scientifiques, politiques, sociétales ; accélérer ou ralentir des prises de conscience, faciliter ou non des processus d’instrumentalisation…

Au-delà de la carte « traditionnelle » (sur supports papier ou numérique), on souhaite intégrer à la réflexion les représentations visuelles utilisées aujourd’hui couramment : Géoportails, images satellites avec Google par exemple, Système d’Information Géographique, etc. On peut ainsi interroger le développement de nouveaux outils ou interfaces cartographiques liés à de nouveaux usages (cartographies en temps réel pour gestionnaires de crise, cartographies inédites de certains territoires vécus, perçus…). Les nouvelles formes de cartes sont à relier aux nouvelles formes d’échanges (mondialisés, en temps réel, etc.) entre ceux qui les font, ceux qui les lisent et les voient, ceux qui les utilisent. Quelle articulation entre ces nouveaux outils, ces nouvelles pratiques et des difficultés anciennes toujours d’actualité, comme le passage d’une échelle à une autre, l’intégration et la structuration des données-source et des métadonnées, la qualité des données, la gestion de l’incertitude ?

Akrich Madeleine, Callon Michel, Latour Bruno, « Sociologie de la traduction », Ed. Mines-ParisTech, 2006, 304 p.

Bailly Antoine et Gould Peter, textes édités par, « Le pouvoir des cartes – Brian Harley et la cartographie », Paris : Economica, 1995, 120p.

Bertin Jacques, « Sémiologie graphique : les diagrammes, les réseaux, les cartes », Paris/La Haye, Éd. Gauthier-Villars/Mouton, 1967, 431p. (La Sémiologie graphique a été écrite en 1965, publiée en 1967, rééditée en 1973, 3e édition en 1999, Paris, Les réimpressions des Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales, 444 p. Ouvrage traduit en allemand, 1974, en anglais, 1983).

Bord Jean-Paul, « Cartographie, géographie et propagande. De quelques cas dans l'Europe de l'après-guerre », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 4/2003 (no 80), p. 15-24.

Jacob Christian, « L’empire des cartes – Approche théorique de la cartographie à travers l’histoire », Paris : Albin Michel, 1992, 537p.

Monmonier Mark, « Comment faire mentir les cartes – Du mauvais usage de la géographie », University of Chicago Press, 1991 [Traduction française Paris : Flammarion, 1993, 233p.]


Où trouver des informations statistiques sur le tourisme ?


Le tourisme constitue un secteur d’activité en pleine expansion. L'étude des acteurs et des espaces du tourisme  figure dans les programmes de géographie scolaire, au sein des filières professionnelles et dans le cadre de la nouvelle question de géographie au CAPES et à l'Agrégation. Les données sur ce secteur sont nombreuses et produites à l’échelle de différents organismes nationaux et internationaux. Voici quelques repères permettant une approche critique des sources.

1) L’OMT et les statistiques sur le tourisme international

Mathis Stock (Le tourisme : Acteurs, lieux et enjeux. Belin sup, 2003) s’est attaché à montrer les problèmes de définition du tourisme en particulier la confusion entre touristes et visiteurs, confusion entretenue par l’OMT qui recueille ses statistiques principalement aux frontières des Etats. Depuis les Recommandations internationales de 2008 sur les statistiques du tourisme, l’OMT s’est efforcé de faire évoluer ses définitions dans le but d’unifier et d’améliorer les statistiques, à la demande de l’ONU qui lui a attribué cette mission de coordonner les instruments de mesure entre pays afin de pouvoir mieux mesurer l’impact et l’évolution du tourisme à l’échelle mondiale. Il convient d’avoir en tête ces problèmes de définition lorsqu’on manipule les données de l‘OMT. Tout d’abord le fait que la notion de visiteurs reste première avec un double critère qui concerne la durée (moins d’un an) et le motif de la visite (affaires, loisirs ou autre motif personnel). Le tourisme interne (ou national) doit être distingué du tourisme intérieur qui comprend également les visiteurs non résidents (voir schéma ci-dessous). Quand une personne se rend dans un même pays plusieurs fois par an ou dans plusieurs pays lors d’un même déplacement, chacun de ses voyages est comptabilisé comme une arrivée. L’OMT distingue entre tourisme récepteur (visiteur non résident par rapport au pays de référence) et tourisme émetteur (visiteur résident hors du pays de référence + visiteur interne) :



Pour plus de détails sur les définitions et les indicateurs proposés, consulter les Notes méthodologiques de la base de données des statistiques du tourisme – Edition 2017

Il convient de noter que l’annuaire détaillé des statistiques par pays publié par l’OMT est payant. Cependant l’organisme publie chaque année une brochure gratuite donnant les faits saillants des années précédentes (consulter l’édition 2018). Cette brochure synthétise les données concernant les arrivées et les recettes financières du tourisme international par pays et par continent.

Evolution du tourisme mondial et prévisions (1950-2030) selon l'OMT


Le World Travel & Tourism Council (WTTC) est l’organisme qui représente le secteur privé du tourisme et des voyages à l’échelle mondiale. Cet organisme publie des rapports annuels par pays et par régions permettant de mesurer les impacts économiques et les principales tendances dans ce secteur.

2) Les autres sources internationales : Banque mondiale et Eurostat

La Banque mondiale donne accès à des données ouvertes consultables directement en ligne sous forme de tableaux, de graphiques et de cartes ou téléchargeables sous forme de fichiers (au format txt, csv, xls). Les statistiques sur le tourisme figurent parmi les indicateurs du développement du monde. Saisir « tourisme » comme mot-clé dans le champs « série », puis sélectionner éventuellement par date et par pays. Il est possible de remonter à des dates anciennes de manière à saisir des évolutions. La Banque mondiale renseigne sur 4 grands domaines : les arrivés, les départs, les dépenses et les rentrées financières du tourisme international.

Données ouvertes de la Banque mondiale

Eurostat fournit des statistiques annuelles et mensuelles sur le tourisme à l’échelle de l’Union européenne, par pays et par régions. Un outil de visualisation permet de consulter des cartes thématiques à partir d’un tableau de bord donnant les principaux indicateurs. Une autre interface cartographique permet aussi de construire des cartes thématiques. Par ailleurs un portail des statistiques sur le tourisme rassemble tous les tableaux téléchargeables par thèmes et sous-thèmes concernant les séjours et nuitées des résidents de l’UE, les établissements d’hébergement, l’emploi et les « industries touristiques » (le terme, bien que discutable, renvoie à l’idée que le tourisme constitue un secteur d’activité à part entière). Il est possible de réaliser une étude du tourisme rural et urbain à l’échelles des régions européennes (NUTS niveau 2). Un Observatoire virtuel du tourisme a été créé afin de suivre les évolutions à court terme du tourisme et fournir des informations utiles pour les acteurs engagés dans ce secteur.


Nombre moyen de nuitées par régions (NUTS 2) selon Eurostats


3) Pour la France : l’INSEE et la DGE

L’INSEE publie chaque année ses Tableaux de l’économie française, dont une partie concerne le secteur touristique (consulter l’édition 2017). Des données complémentaires sont téléchargeables sous forme de tableaux statistiques concernant les voyages et nuitées en France et à l’étranger, la fréquentation des hôtels et campings, les campings classés et les dépenses des touristes étrangers en France. Les données sur les résidences secondaires sont recensées dans le recensement de la population (catégorie logements et résidences). La capacité d’accueil des communes en 2018 est également téléchargeable sous forme d’un fichier détaillant les hôtels les chambres par catégories, les campings par classement, les villages vacances et les auberges de jeunesse. A partir de ces données INSEE, le site BFM-TV propose une carte interactive des communes françaises où la population est multipliée par 2 fois, voire par 20 ou plus en pleine saison touristique ainsi qu’une carte interactive des résidences secondaires (d’après le recensement de 2014).

Communes touristiques en France (Recensement INSEE 2014)


La Direction générale des entreprises (DGE) publie un mémento du tourisme qui repend les chiffres clés du tourisme de l’OMT en donnant une synthèse de l’évolution sur plusieurs décennies et en intégrant les données détaillées du compte satellite du tourisme pour la France (consulter l’édition 2016). Les statistiques sur l'offre d'hébergements sont établies en relation avec les comités régionaux de tourisme (CRT) et la direction générale des entreprises (DGE). Elles sont proposées au niveau communal pour la France (hors Mayotte). La DGE conduit des enquêtes assez détaillées sur les pratiques des touristes (en particulier le déplacement à vélo) ainsi que sur les hébergements en hôtel ou en plein air. La DGE et le réseau Tourisme & Territoires ont mis en ligne la plateforme nationale Datatourisme afin de donner accès à des éléments fiables et de qualité pour les citoyens.

Emplois touristiques par régions en France en 2015 selon la DGE

Les régions commencent également à fournir leurs jeux de données en open data. C'est le cas par exemple de la région Bretagne ou de départements comme la Côte d'Or ou le Nord-Pas de Calais.


En attente : élaboration d'un jeu de données SIG sur le tourisme à l'échelle mondiale, européenne et française (utilisable à travers différents outils cartographiques)



La mise en scène cartographique

Sur son blog Néocarto, Nicolas Lambert qui a coécrit un manuel de cartographie avec Christine Zanin, nous livre sa réflexion sur ce qu'il appelle "la mise en scène cartographique". Il revient sur ce qu'il appelle le making off d'une carte intitulée "Le nouveau rideau de fer" de l'Europe, montrant les inégalités entre l'Europe de l'Ouest et l'Europe de l'Est.

Nous retenons de ce billet qu'il ne suffit pas d'indiquer le titre, l'orientation, la légende, l'échelle de la carte (la fameuse règle d'or du T.O.L.E que l'on répète en formation)... il ne faut pas oublier également la source. Mais au-delà  de ces éléments formels, comme le souligne l'auteur, "il n’y a pas de bonne carte sans bonne histoire à raconter. Et une bonne carte, c’est une carte qui sait « raconter » graphiquement une histoire grâce à la richesse du langage cartographique." On peut se demander finalement si ce qui fait la mise en scène de la carte proposée n'est pas le rideau de fer tracé en 3D sur la carte qui l'apparente davantage à une infographie.

Blog Néocarto
https://neocarto.hypotheses.org/3239